La motion a été introduite le 21 avril à Uvira, ville qui accueille provisoirement les institutions provinciales depuis la chute de Bukavu, passée sous le contrôle de la rébellion de l’AFC/M23. Les députés provinciaux à l’initiative de cette démarche reprochent au gouverneur une gestion jugée peu transparente des finances publiques, notamment dans les zones encore administrées par les autorités gouvernementales. Selon plusieurs sources locales, le texte aurait déjà recueilli au moins 18 signatures.

Cette initiative parlementaire s’inscrit dans un contexte sécuritaire particulièrement instable. Depuis la prise de Bukavu en février 2025 par le M23, soutenu selon plusieurs rapports internationaux par le Rwanda, la province fonctionne dans une configuration institutionnelle exceptionnelle. Tandis que la capitale provinciale reste sous occupation rebelle, les institutions officielles ont été contraintes de se replier à Uvira, où elles évoluent sous forte pression sécuritaire.

Dans ce contexte fragile, la convocation de Kinshasa est perçue comme une tentative de reprise en main de la situation par le pouvoir central, afin d’éviter une aggravation de la crise entre l’exécutif provincial et l’Assemblée. Les autorités nationales cherchent ainsi à préserver un minimum de stabilité institutionnelle dans une province où l’autorité de l’État demeure fortement fragilisée.

Au-delà du sort du gouverneur, cette crise met en lumière des enjeux plus larges en l'occurrence la continuité de l’administration publique dans les zones encore sous contrôle gouvernemental, la cohésion des institutions provinciales repliées et la capacité de Kinshasa à maintenir une chaîne de commandement effective face à la pression persistante de l’AFC/M23.