Officialisé par arrêté le 30 avril 2026, ce limogeage s’inscrit dans une réorganisation au sommet de l’État. Porte-parole de la présidence et ministre-conseiller, Ousseynou Ly incarnait depuis l’alternance une communication militante, calquée sur les codes du Pastef, le parti au pouvoir.

Pour le remplacer, le chef de l’État a misé sur Maître Abdoulaye Tine, avocat et coordonnateur de la coalition « Diomaye Président ». Le signal est clair : professionnaliser et recadrer la parole présidentielle, alors que la frontière entre communication d’État et discours partisan est de plus en plus brouillée.

Ce départ intervient dans un climat de tensions. Les récentes sorties de Diomaye Faye sur le « redressement » du Pastef et son refus du culte du « messie » ont mis au jour ses divergences avec le Premier ministre Ousmane Sonko, leader charismatique du parti.

Pour beaucoup d’analystes, l’éviction d’Ousseynou Ly est un message d’autorité. Le président reprend la main sur sa communication et s’émancipe de la tutelle du Pastef.

L’intéressé, lui, reste mesuré. Il a remercié le chef de l’État pour sa confiance et réaffirmé sa loyauté au projet politique du Pastef.

Plus qu’un simple remaniement, ce coup de balai illustre les rapports de force qui se redessinent à Dakar. Entre affirmation présidentielle, influence partisane et impératifs de gouvernance, une nouvelle séquence politique débute.