Ce bilan couvre plusieurs théâtres de conflit, notamment en Afghanistan, en Irak, en Syrie, au Yémen ainsi que dans certaines régions du Pakistan. Les chercheurs distinguent deux catégories de victimes à savoir environ 900 000 morts directes, liées aux combats et aux bombardements, et une majorité de morts indirectes, estimées entre 3,6 et 3,8 millions.

Ces dernières résultent des effets prolongés des conflits notamment l’effondrement des systèmes de santé, l'insécurité alimentaire, les déplacements massifs de populations et la propagation de maladies. Ainsi, l’impact des guerres dépasse largement le cadre des opérations militaires pour s’inscrire dans la durée.

Ces estimations, reprises par de nombreux médias internationaux, ne se limitent pas aux seules actions militaires américaines. Elles visent à mesurer le coût humain global des conflits déclenchés ou intensifiés dans le cadre de la “guerre contre le terrorisme”. Les auteurs de l’étude reconnaissent la complexité d’un tel exercice, tout en soulignant que ces ordres de grandeur reflètent l’ampleur de la crise humanitaire.

Au regard de ce bilan se pose la question de la responsabilité. Si les États-Unis ont initié ces interventions, les conflits ont également impliqué des gouvernements locaux, des groupes armés et d’autres puissances régionales. Néanmoins, les décisions prises à Washington après 2001 ont joué un rôle structurant dans les dynamiques qui ont suivi.

Plus largement, ce constat met en lumière les disparités dans la réponse internationale aux crises. Certaines mobilisent rapidement des mécanismes de justice et d’intervention, tandis que d’autres, malgré un coût humain considérable, s’inscrivent dans la durée sans réponse proportionnée. Plus de vingt ans après le 11 septembre, les conséquences de ces guerres continuent de se faire sentir, rappelant le poids des choix géopolitiques à long terme.