Devant les États membres, il a défendu une vision fondée sur le dialogue, la médiation et la prévention des conflits. Se voulant “impartial” et rassembleur, il promet de renforcer les mécanismes d’alerte précoce et de privilégier une diplomatie proactive, en étroite coordination avec les organisations régionales. Son objectif est de recréer des passerelles entre les grands blocs et atténuer les clivages entre le Nord et le Sud, mais aussi entre l’Est et l’Ouest.

Dans son programme, Macky Sall insiste également sur la nécessité de repenser l’efficacité des opérations de maintien de la paix et de consolider la place des droits humains, qu’il considère comme non négociables. Il s’engage en parallèle à accélérer la mise en œuvre des Objectifs de développement durable d’ici 2030, tout en anticipant les priorités de l’après-2030.

Sur le plan économique et social, le candidat alerte sur les déséquilibres persistants : endettement croissant des pays en développement, creusement des inégalités et vulnérabilité accrue des jeunes et des femmes. Pour y faire face, il appelle à un renouvellement des mécanismes de financement du développement, jugeant insuffisants les dispositifs actuels pour soutenir des transformations structurelles durables.

Fort de douze années à la tête du Sénégal, Macky Sall met en avant son expérience des grandes enceintes internationales, du G7 au G20, et sa capacité à conduire des arbitrages dans des contextes sensibles. Il se présente ainsi comme un candidat pragmatique, rompu aux négociations multilatérales.

La compétition reste toutefois ouverte et politiquement délicate. Face à lui figurent notamment Michelle Bachelet, Rafael Grossi et Rebeca Grynspan. Mais la candidature de Macky Sall souffre d’un manque de soutien officiel de son propre pays et d’un appui africain encore fragmenté, malgré l’initiative portée par Évariste Ndayishimiye au nom de l’Union africaine.

À ces incertitudes s’ajoutent des critiques liées à sa gestion des manifestations entre 2021 et 2024, ainsi qu’à des controverses sur la transparence de la dette publique. Des éléments qui pourraient peser sur une candidature axée sur le renouveau, la crédibilité et le dialogue au sein du système multilatéral.