Avant même l’annonce de l’Office of Foreign Assets Control (OFAC), les autorités de Kinshasa avaient clairement pointé du doigt l’ancien chef de l’État. Le président Félix Tshisekedi avait notamment affirmé que l’Alliance Fleuve Congo (AFC) ne constituait pas une entité autonome, mais qu’elle était liée à son prédécesseur, suggérant ainsi une implication indirecte dans les dynamiques politico-militaires en cours.

Cette prise de position a marqué une inflexion notable du discours officiel congolais, en désignant explicitement Joseph Kabila comme un acteur potentiel des tensions sécuritaires, dans un contexte de conflit persistant dans l’Est du pays.

Du côté de Kigali, les déclarations du président Paul Kagame ont également alimenté les spéculations. Sans confirmation formelle, il a évoqué l’existence de liens entre l'ancien président congolais, l’AFC et le Mouvement du 23-Mars (M23), contribuant à renforcer les soupçons autour d’éventuelles connexions politiques et stratégiques dans la région.

C’est dans ce climat que Washington accuse désormais officiellement Joseph Kabila de soutenir le M23 et l’AFC dans une logique de déstabilisation du pouvoir en place à Kinshasa. Une position qui, sans s’appuyer publiquement sur des éléments détaillés, rejoint les accusations déjà formulées par les autorités congolaises et, plus prudemment, évoquées par Kigali.

À ce stade, aucune réaction officielle de l’ex-chef de l'Etat n’a été rendue publique. Toutefois, la convergence de ces prises de position, à la fois nationales, régionales et internationales, accentue la pression sur Joseph Kabila, désormais au centre d’un dossier aux implications géopolitiques majeures dans la région des Grands Lacs.