Cette stratégie vise à désenclaver les principales zones économiques du pays, notamment les bassins miniers du Grand Katanga, tout en renforçant la connectivité avec les marchés extérieurs, à travers des infrastructures portuaires et ferroviaires modernisées.

Trois grands corridors structurent cette ambition. À l’ouest, le corridor reliant Banana, Boma, Matadi et Kinshasa s’appuie sur le futur port en eau profonde de Banana, appelé à fluidifier les échanges commerciaux et à désengorger la capitale. Dans le sud, le corridor Ilebo-Lubumbashi doit faciliter l’acheminement des ressources minières vers les centres industriels et les réseaux d’exportation. Enfin, le corridor de Lobito, connecté au réseau angolais, est présenté comme un axe stratégique susceptible de mobiliser plusieurs milliards de dollars d’investissements et de renforcer l’intégration régionale.

Selon la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, ces perspectives ont été évoquées à l’issue des récentes réunions de printemps des institutions de Bretton Woods, où l’intérêt des partenaires internationaux pour ces projets a été confirmé. Sur le plan national, le gouvernement mise sur une coordination renforcée. La Direction générale des corridors de développement industriel (DGCDI) pilote les différents chantiers sous la supervision des ministères concernés, notamment ceux des Transports, de l’Industrie, des Finances et des Infrastructures.

Le recours aux partenariats public-privé est privilégié pour accélérer le financement et la réalisation des projets, tandis que les travaux sur plusieurs routes prioritaires sont annoncés comme imminents. Si ces infrastructures voient le jour, elles pourraient repositionner la RDC comme un hub logistique régional et stimuler significativement la croissance économique. Mais leur mise en œuvre reste conditionnée par des défis majeurs, notamment sécuritaires et organisationnels, dans un contexte encore marqué par des tensions persistantes dans certaines zones du pays.