Conduite par le Programme élargi de vaccination (PEV) avec l’appui de l’UNICEF, la campagne intégrée contre la rougeole-rubéole et la poliomyélite s’est déroulée du 22 au 26 avril dans l’ensemble de la province de l’Équateur. Cette opération d’envergure repose sur une organisation rigoureuse, pensée pour optimiser chaque étape du processus.

Sur les sites retenus, les équipes sanitaires appliquent un protocole bien défini notamment l’accueil des enfants, le tri par tranche d’âge, l'enregistrement, l'administration des vaccins, puis le contrôle final. Ce dispositif méthodique marque une rupture avec les campagnes antérieures, souvent caractérisées par une dispersion des efforts.

Le vaccin contre la rougeole-rubéole cible les enfants âgés de 6 mois à 14 ans, avec une attention particulière portée aux plus jeunes, notamment ceux de moins de trois ans, pris en charge dans les centres de santé et les sites communautaires. Selon le Dr Douglas Nkoy Isanjola, médecin-chef d’antenne du PEV à Mbandaka, cette stratégie permet de mieux capter les enfants déjà intégrés au système scolaire, facilitant ainsi leur prise en charge.

Parallèlement à la vaccination, un travail de sensibilisation est mené auprès des parents. Des séances d’information sont organisées sur chaque site afin de rassurer et d’expliquer l’importance de la vaccination. Les effets secondaires, généralement bénins comme une légère fièvre peuvent être pris en charge avec du paracétamol.

L’adhésion des familles apparaît globalement favorable. Dans un contexte marqué par des épidémies récurrentes, de nombreux parents perçoivent la vaccination comme un levier essentiel de protection collective. L’ampleur de la campagne se reflète dans les chiffres. Plus de 1,5 million d’enfants sont ciblés pour la rougeole-rubéole et plus de 640 000 pour la poliomyélite dans la ville de Mbandaka.

Les opérations couvrent les 18 zones de santé, réparties en 284 aires, avec une attention constante portée au respect de la chaîne du froid. Glacières, boîtes isothermes et dispositifs à énergie solaire sont mobilisés pour maintenir les vaccins entre 2 et 8 °C, condition indispensable à leur efficacité. Une phase de rattrapage est prévue du 27 au 28 avril 2026 afin d’atteindre les enfants non encore vaccinés. Cette étape vise à renforcer la couverture et à limiter les risques de résurgence des maladies ciblées.

À Mbandaka, cette campagne illustre une adaptation pragmatique des stratégies de santé publique, combinant organisation logistique et proximité avec les populations, dans une lutte continue contre des pathologies encore présentes.