La passe d’armes autour de la marche du 15 septembre vire au règlement de comptes personnel. Critiqué avec virulence par Martin Fayulu et Delly Sesanga, Nicolas Kazadi contre-attaque. Il accuse ses détracteurs de faire une politique d’invectives, de « théâtre de mauvais goût » et d’une communication calquée sur le modèle Dussauchoy.
On ne peut pas vouloir diriger le pays en prenant Dussauchoy comme modèle : la réplique cinglante de Kazadi à Fayulu et Sesanga

Tout part d’une analyse publiée par l’ancien ministre des Finances au lendemain de la manifestation de la Coalition Article 64. Pour Nicolas Kazadi, la faible mobilisation observée remettrait « les choses à leur juste place » et prouverait que la RDC ne traverse pas de crise politique interne comparable à la crise sécuritaire dans l’Est. Une lecture aussitôt contestée par l’opposition.
Sesanga et Fayulu montent au créneau
La riposte de Delly Sesanga est cinglante. Le président d’Envol qualifie Kazadi de « menteur patenté » et de « profiteur du régime ». Pour lui, on ne peut pas juger honnêtement de l’ampleur de la mobilisation sans tenir compte du contexte : dispositif policier massif, incidents et conditions d’encadrement de la marche, qui fausseraient toute lecture fondée uniquement sur le nombre de manifestants dans la rue.
Martin Fayulu, lui, porte l’attaque sur le terrain personnel. Le leader de l’ECiDé s’en prend à la gestion de Kazadi lorsqu’il était aux Finances, interroge son patrimoine et l’accuse de chercher à se repositionner politiquement. Il a tenu à son encontre des accusations extrêmement graves, qui relèvent de ses déclarations politiques et ne constituent pas, en elles-mêmes, des faits judiciairement établis.
Face à cette double offensive, Nicolas Kazadi réplique sur X. Il dit s’être adressé aux « gens sérieux et réfléchis », qu’il juge « de très loin majoritaires » et qui l’auraient démontré le 15 septembre. Il réserve ensuite une formule beaucoup plus tranchante à ses contradicteurs, qu’il décrit comme des « acteurs de théâtre de mauvais goût » et des personnes de « mauvaise foi » n’ayant, selon lui, pour seuls arguments que l’injure, la calomnie et le mensonge.
Puis vient la phrase qui fait basculer la polémique : « On ne peut pas prétendre vouloir diriger ce pays et prendre Dussauchoy comme modèle de communication politique. »
La pique est appuyée. Même s’il ne cite pas nommément Fayulu et Sesanga, Kazadi publie cette réponse en réaction directe aux attaques dont il fait l’objet. Il ne discute plus seulement le bilan de la marche, il attaque leur méthode même et oppose ce qu’il présente comme un débat politique sérieux à une politique du spectacle et de l’invective.
Deux lectures irréconciliables du 15 septembre
Le désaccord de fond demeure. Pour Kazadi, le 15 septembre a exposé les limites de la capacité de mobilisation de la C64. Pour Sesanga et Fayulu, au contraire, les incidents, le déploiement sécuritaire et la dispersion des manifestants empêchent de faire de cette journée un véritable test de popularité.
Après la bataille des chiffres, c’est donc une bataille sur la manière de faire de la politique qui s’ouvre. Fayulu et Sesanga attaquent Kazadi sur son bilan et sa crédibilité. Kazadi leur répond sur leur méthode et leur communication. Et au cœur de cette guerre des mots, le nom de Dussauchoy s’invite désormais dans le bras de fer politique congolais.
La rédaction
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