La dégradation persistante de la situation dans l'Est impose un ajustement continu du dispositif de paix.

Cette rencontre intervient dans un contexte particulier. Si la MONUSCO poursuit son retrait de la RDC, ce désengagement n'exclut pas des appuis ciblés. À ce titre, Kinshasa et la mission étudient les modalités d'un redéploiement de capacités au Sud-Kivu, afin de renforcer le suivi sécuritaire et d'alimenter les mécanismes liés au cessez-le-feu.

Un volet crucial pour le processus de paix de Doha. Au-delà des engagements pris à la table des négociations, l'effectivité du cessez-le-feu dépend de la capacité à constater et documenter les violations sur le terrain. C'est précisément le rôle du mécanisme conjoint élargi de vérification, qui devrait bénéficier d'un soutien technique et logistique de la MONUSCO.

Le dossier sensible des groupes armés étrangers

La mission onusienne est également appelée à maintenir son expertise en matière de désarmement, démobilisation et réintégration. Les discussions ont porté sur la prise en charge de combattants issus des FDLR et des ADF, en vue de leur désarmement et, lorsque les conditions le permettent, de leur rapatriement sécurisé vers leurs pays d'origine.

L'ensemble s'inscrit dans une architecture de paix qui combine désormais plusieurs leviers diplomatiques et sécuritaires. Pour Kinshasa, l'objectif est double : accompagner ces processus tout en veillant à ce que la réduction progressive de la présence onusienne n'affaiblisse pas les capacités de suivi et de protection dans les zones les plus affectées.

Le mandat actuel de la MONUSCO court jusqu'au 20 décembre 2026. D'ici là, les experts du gouvernement et de la mission doivent préciser les contours de l'appui prévu au Sud-Kivu et son articulation avec les dispositifs congolais et internationaux de suivi du cessez-le-feu.

Cette séquence illustre l'évolution du rôle de la MONUSCO dans l'Est : en plein désengagement, elle reste mobilisée ponctuellement pour soutenir les mécanismes de paix et contribuer à la protection des civils. Pour Kinshasa, tout l'enjeu est de faire coïncider cette transition avec la montée en puissance des dispositifs nationaux, afin d'éviter toute rupture.