Située à Lagos, au Nigeria, la raffinerie du milliardaire Aliko Dangote a achevé six semaines de souscription. Initialement fixée au 13 octobre, la clôture de l’offre a été reportée de deux semaines afin de permettre à davantage d’investisseurs d’y participer. Aliko Dangote a salué une « réalisation historique pour l’Afrique », soulignant la portée continentale de cette opération.

L’offre visait initialement à mobiliser environ 1,6 milliard de dollars. Toutefois, la demande aurait largement dépassé cet objectif. Selon Reuters, les ordres de souscription atteignaient près de 4,78 milliards de dollars au 27 octobre, d’après des sources proches du dossier. Ce montant correspond aux demandes enregistrées et non aux fonds effectivement levés. Le résultat définitif reste donc attendu, après vérification des souscriptions et détermination de la répartition des actions, conformément aux procédures réglementaires.

Les fonds mobilisés doivent notamment contribuer à financer l’expansion de l’installation, dont la capacité actuelle s’élève à 700 000 barils par jour. Le groupe ambitionne de porter cette production à 1,4 million de barils quotidiens, ce qui renforcerait davantage le poids de la raffinerie dans l’approvisionnement en produits pétroliers au Nigeria et sur les marchés régionaux et internationaux.

Au-delà de la performance financière du groupe privé, cette opération soulève un enjeu stratégique pour le continent. L’Afrique demeure fortement dépendante des importations de produits pétroliers raffinés, malgré ses ressources en hydrocarbures. Le développement de capacités locales de transformation représente ainsi un levier pour réduire cette dépendance et renforcer la sécurité énergétique. L’impact réel dépendra toutefois des volumes produits, des coûts, des infrastructures de distribution et de la disponibilité des matières premières.

La participation annoncée d’investisseurs issus de l’ensemble des pays africains confère également à cette opération une dimension panafricaine. Elle met en évidence les possibilités de financement des grands projets industriels par une mobilisation plus large des capitaux, au-delà des circuits traditionnels.

Les prochaines étapes seront déterminantes pour mesurer la portée de cette ouverture du capital. Le montant définitif levé, le nombre d’actions attribuées et la date de cotation permettront d’évaluer plus précisément les résultats de l’opération et sa contribution au financement de l’expansion de la raffinerie Dangote.