L’ONG affirme avoir interrogé à distance trente personnes, dont seize témoins, entre le 30 juillet et le 20 septembre. Elle indique également avoir vérifié et géolocalisé deux vidéos et analysé des photographies de débris. Parmi les incidents documentés figurent une frappe ayant partiellement détruit un centre de santé à Talahandak, le 29 juillet, et une attaque contre un marché à Tombonkore, le 19 août, qui aurait tué six civils et blessé au moins vingt personnes.

Le rapport attribue aussi aux forces insurgées des actes de torture et l’exécution d’au moins dix-neuf militaires capturés dans la région de Gao en juillet. Human Rights Watch demande au Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine d’examiner la protection des populations et la responsabilité de toutes les parties. Ces accusations reposent sur son enquête. Elles ne constituent pas des décisions judiciaires.

Selon Reuters, ni le porte-parole de l’armée malienne ni l’ambassade russe à Bamako n’avaient répondu aux demandes de commentaire. Les autorités maliennes ont précédemment nié tuer des civils pendant leurs opérations. Le JNIM a reconnu les exécutions de soldats, tout en affirmant ne pas les avoir ordonnées. De son côté, le Front de libération de l’Azawad a démenti sa responsabilité.

Ces réponses divergentes rendent essentielle une enquête indépendante sur chaque incident. L’enjeu dépasse le décompte des victimes. Il concerne l’identification des responsables et la prévention de nouvelles violences contre les populations.