Le pays des "hommes intègres" a inauguré ce 28 septembre à Ouagadougou RAFFINOR-BF, sa première raffinerie d'or. Une étape stratégique qui lui permet de rejoindre le cercle des producteurs africains qui raffinent sur place.

Le complexe, installé sur cinq hectares à Ouaga 2000, affiche une capacité de 400 kg d'or par jour, soit près de 150 tonnes par an, avec pour objectif de produire un or à 99,99% de pureté.

Mais RAFFINOR-BF va au-delà du raffinage. Le site intègre une fonderie, un laboratoire d'analyse, des coffres-forts, une unité de bijouterie et abrite désormais le siège de la Société nationale des substances précieuses (SONASP).

Lancé en novembre 2023, le projet représente 11 milliards de francs CFA d'investissement. Une seconde raffinerie est déjà envisagée pour porter la capacité nationale à 515 tonnes par an.

L'enjeu n'est pas seulement industriel. Pour Ouagadougou, il s'agit de reprendre la main sur toute la chaîne de valeur : mieux contrôler la production, assurer la traçabilité et structurer la commercialisation.

Une démarche qui s'inscrit dans une dynamique ouest-africaine. Après le Ghana et le Mali, le Burkina Faso confirme une tendance : garder sur le continent une part de valeur longtemps captée à l'extérieur.

L'enjeu est majeur pour le pays, où l'or est le premier poste d'exportation et une source clé de recettes publiques. Dans un secteur marqué par une forte activité artisanale, le raffinage local devient aussi un levier pour formaliser la filière et sécuriser les circuits.

Au-delà de l'usine, ce sont aussi des emplois annoncés dans le raffinage, la sous-traitance, le transport, la sécurité et la bijouterie.

RAFFINOR-BF n'est donc pas qu'une unité industrielle de plus. C'est un signal : après l'extraction, l'Afrique entend désormais peser sur le raffinage de son or.