C'est une nouvelle date qui s'inscrit au calendrier officiel. D'après un texte réglementaire publié par les autorités, le 15 septembre sera chaque année chômé sous le nom de « Munhumutapa Day ».

Le nom fait référence à l'ancien Empire du Mutapa, vaste État qui s'étendait sur une partie des territoires actuels du Zimbabwe et du Mozambique, et dont la puissance reposait notamment sur le commerce de l'or avec les marchands de l'océan Indien.

Une référence historique qui permet au pouvoir de présenter cette journée comme un hommage au patrimoine national. Mais un autre détail attire l'attention : le 15 septembre est aussi le jour de naissance d'Emmerson Mnangagwa, à la tête du pays depuis 2017.

La coïncidence n'a échappé à personne. D'autant que le Zimbabwe compte déjà dans son calendrier une date liée à un ancien président : le 21 février, jour anniversaire de Robert Mugabe, a été érigé en 2017 en Journée nationale de la jeunesse, quelques mois après sa chute.

À neuf ans d'intervalle, deux anniversaires présidentiels se retrouvent ainsi inscrits au calendrier de la République, avec des intitulés et des justifications officielles bien distinctes.

Cette décision intervient dans un contexte politique sensible. En 2026, le Zimbabwe a adopté une réforme constitutionnelle modifiant la durée du mandat présidentiel et le mode de scrutin pour l'élection du chef de l'État, des changements vivement contestés par l'opposition.

Au-delà de la célébration historique, la nouvelle fête prend donc une portée politique. Si les autorités y voient une mise en valeur de l'héritage Mutapa et de l'histoire du pays, ses détracteurs y lisent le signe d'une personnalisation croissante du pouvoir, l'anniversaire du président coïncidant avec la date choisie.

Une chose est désormais actée : au Zimbabwe, le 15 septembre n'est plus seulement la date de naissance d'Emmerson Mnangagwa. C'est officiellement le « Munhumutapa Day ».