Les unités doivent être stationnées à Madama, dans le nord du Niger, à proximité de la frontière libyenne. Cette ancienne base de l'opération française Barkhane occupe une position stratégique au cœur d'une région traversée par des trafics et exposée aux activités de groupes armés. Le nombre de militaires engagés, la date exacte du déploiement et la durée de leur mission n'ont toutefois pas été communiqués. Les autorités présentent l'opération comme une mesure de protection, et non comme une intervention offensive.

Le gazoduc transsaharien au cœur du dispositif

Les enjeux énergétiques sont considérables. Le groupe public Sonatrach mène des activités au Niger et participe au projet de gazoduc transsaharien, conçu pour acheminer du gaz nigérian vers l'Algérie en passant par le territoire nigérien. Ce corridor pourrait ensuite approvisionner les marchés internationaux, notamment européens. La sécurisation des installations et des voies de communication constitue donc un objectif majeur pour Alger.

Ce déploiement intervient aussi dans un contexte de rapprochement entre les deux gouvernements. Le dirigeant nigérien Abdourahamane Tiani s'est rendu à Alger en février, tandis que son ministre de la Défense, Salifou Mody, y a conduit des discussions sécuritaires en octobre. Selon la présidence algérienne, l'opération répond à une demande des autorités nigériennes.

Il s'agit du premier déploiement officiel de troupes algériennes à l'étranger depuis l'envoi de forces en soutien à l'Égypte lors de la guerre israélo-arabe de 1973. Cette décision confirme que la protection des investissements et la dégradation sécuritaire au Sahel conduisent Alger à adapter sa doctrine militaire.