Dans une réaction recueillie par Cœurd’Afrique, l’opposant en exil s’en prend ouvertement au pouvoir en place. Pour le cadre de « Sauvons la RDC », Félix Tshisekedi ne peut fonder son initiative sur une légitimité qu’il juge issue d’un scrutin présidentiel contesté.

« Tshisekedi se fonde sur une fausse légalité et légitimité acquises en 2023. Qui ne sait pas que lui et son pouvoir ont triché ? Les élections s’organisent au cours d’une journée, nous les avons vécues pendant dix jours », a-t-il déclaré.

Jean-Claude Vuemba refuse dès lors que le chef de l’État se présente comme le représentant incontesté de la volonté populaire. Il estime que les conditions dans lesquelles les élections de 2023 se sont déroulées demeurent un sujet majeur de contestation politique.

« Que Félix Tshisekedi ne vienne donc pas nous faire croire qu’il a été légitimement élu par le peuple congolais. Nous savons tous quel a été son score. À l’entendre, il n’y a rien de nouveau. Cela ne fera qu’exaspérer le peuple congolais », a-t-il averti.

Une médiation confiée aux confessions religieuses ?

L’ancien président de l’Assemblée provinciale du Kongo central s’attaque également à la gouvernance de Félix Tshisekedi. Il accuse le pouvoir d’avoir aggravé, selon lui, les divisions liées au tribalisme et à la régionalisation.

« Que Félix Tshisekedi se rende compte du tribalisme et de la régionalisation. La situation s’est aggravée depuis qu’il est président de la République », a-t-il affirmé.

Pour le leader du MPCR, le président de la République ne peut à la fois être partie prenante de la crise et prétendre en arbitrer la résolution.

« Tshisekedi n’est pas exempt de problèmes du pays, donc il ne peut pas être juge et partie », a-t-il martelé.

Cette position contraste avec celle d’autres acteurs de l’opposition qui ne rejettent pas le principe d’un dialogue national. Ceux-ci défendent plutôt l’idée d’un processus inclusif, sans exclusion, mais souhaitent que son organisation et sa conduite soient confiées à une structure indépendante du pouvoir politique.

Les confessions religieuses, notamment les évêques catholiques et les pasteurs protestants, sont ainsi citées comme pouvant jouer un rôle central dans la facilitation des discussions.

Le débat se cristallise donc désormais moins sur la nécessité d’un dialogue que sur ses modalités, ses participants et l’identité de ceux appelés à en assurer la conduite. Entre le schéma défendu par le pouvoir et les exigences de l’opposition, les contours des futures assises restent au cœur de la controverse politique.