La DYCUR insiste : ce dialogue ne saurait être l’occasion d’un nouveau marchandage pour le partage du pouvoir. Elle veut qu’il s’attaque aux maux structurels qui minent le pays : la restauration de l’autorité de l’État, la sécurité, la justice, la gouvernance, la décentralisation, le développement, ainsi que la cohésion et la réconciliation nationales. Pour éviter qu’il ne se résume à un « forum de plus », l’organisation exige qu’il débouche sur des engagements fermes, assortis d’une feuille de route claire et de mécanismes de suivi rigoureux.

L’organisation tient également à clarifier l’articulation entre le processus de Doha et le futur dialogue national. Le premier, selon elle, doit rester centré sur la gestion du conflit avec l’AFC/M23, avec pour priorités le cessez-le-feu, le désengagement des forces, le désarmement, le retour des déplacés et le rétablissement de l’autorité de l’État. Le second, lui, doit offrir un espace aux Congolais pour repenser leurs institutions et leur destin commun, sans consacrer la prise d’armes et la conquête territoriale comme mode d’accès à la légitimité politique. Une formule résume sa position : « Doha doit désarmer le conflit ; le dialogue national doit réarmer la démocratie ».

Au-delà, la DYCUR érige la cohésion nationale en question de souveraineté. À ses yeux, les fractures internes affaiblissent la RDC face aux pressions et aux jeux d’influence extérieurs. Elle estime dès lors qu’une paix durable dans l’Est du pays est indissociable d’un État renforcé et d’une capacité collective à porter une voix nationale unie dans les arènes diplomatiques et régionales.

Enfin, la DYCUR lance un appel à l’opposition. Tout en reconnaissant son droit à critiquer l’initiative présidentielle, elle l’invite à prendre part au dialogue pour y faire valoir ses objections, ses exigences et ses alternatives, plutôt que de le rejeter d’emblée. Ce dialogue, souligne-t-elle, n’appartient ni au pouvoir ni à l’opposition, il appartient à la Nation. Elle conclut en exhortant la RDC à rompre avec le cycle de gestion des crises a posteriori, pour bâtir enfin des mécanismes durables de prévention.