L'argument, selon lui, ne tient pas : « Le peuple a déjà été consulté lors des élections ». Pour Kabund, les attentes des Congolais sont connues et clairement exprimées : la paix, la justice, la bonne gouvernance, l'accès à l'eau et à l'électricité, les infrastructures et l'amélioration des conditions de vie. Il juge donc inutile de relancer une vaste consultation nationale pour redemander à la population ce qu'elle attend de ses dirigeants.

L'opposant conteste également l'analyse du Chef de l'État, selon laquelle les précédents dialogues politiques auraient échoué pour s'être transformés en cadres de partage du pouvoir. Pour Kabund, c'est une lecture erronée de l'esprit du dialogue. Le partage des responsabilités ne serait pas une finalité en soi, mais la conséquence logique des compromis trouvés.

Il distingue les principes négociés des équilibres politiques nécessaires à leur mise en œuvre. À ses yeux, lorsqu'un dialogue débouche sur des engagements majeurs, la présence de représentants des différentes forces politiques à des postes de responsabilité peut servir de garantie. Le partage du pouvoir devient alors une conséquence du compromis, et non son objectif initial.

Enfin, Jean-Marc Kabund rejette la méthodologie proposée, qui prévoit des consultations préalables en provinces avant la tenue des assises nationales à Kinshasa. Il plaide plutôt pour un cadre politique clairement défini, conduit par un facilitateur neutre, assorti de mesures de confiance et centré sur les crises sécuritaire, politique et institutionnelle.

Pour lui, l'alternative est claire : soit le pouvoir en place s'estime capable de restaurer seul la paix et de conduire le pays jusqu'aux élections de 2028, soit il reconnaît que la gravité de la situation impose un véritable compromis politique avec l'ensemble des forces vives de la Nation.