Dans une déclaration publiée lundi 8 juin, Seth Kikuni affirme ne pas comprendre la position de l’ECC, qu’il juge insuffisamment claire face aux débats en cours sur une éventuelle révision de la Constitution. Il critique notamment le passage du communiqué qualifiant de “pertinentes et constructives” les réflexions autour des réformes constitutionnelles.

Pour l’opposant, le débat dépasse le cadre d’un simple échange d’idées et touche aux fondements mêmes de l’État de droit. Il appelle ainsi l’ECC à se prononcer explicitement en faveur du respect des dispositions constitutionnelles, notamment celles protégées par les articles 218, 219 et 220.

Même son de cloche du côté de Claudel Lubaya. L’ancien député estime que le communiqué de l’ECC laisse planer une “zone grise” sur la question du caractère intangible de certaines dispositions de la Constitution du 18 février 2006. Selon lui, la neutralité affichée par l’Église protestante peut être interprétée comme une ouverture implicite aux projets de réforme portés par le pouvoir.

Tout en saluant l’appel de l’ECC à un dialogue national inclusif, Lubaya considère que l’institution religieuse aurait dû réaffirmer sans équivoque le caractère non révisable des dispositions protégées par l’article 220 de la Constitution.

Les deux opposants convergent ainsi sur une même exigence : voir l’ECC clarifier publiquement sa position sur l’avenir de la Constitution. À leurs yeux, l’Église protestante ne peut se contenter d’une posture de neutralité sur un sujet qu’ils considèrent comme déterminant pour l’avenir du pacte républicain congolais.