Dans une déclaration, le président du CNSA soutient que les confessions religieuses devraient disposer de la pleine latitude pour élaborer les termes de référence, définir les critères de participation, arrêter la liste des délégués, fixer le lieu et les dates des assises ainsi que les modalités d'organisation des travaux, sans ingérence politique.

Il propose également que ce collège de médiateurs identifie, si les circonstances l'exigent, les partenaires régionaux et internationaux appelés à accompagner le processus en qualité de témoins. Pour Joseph Olenghankoy, cette démarche renforcerait la confiance entre les différentes parties prenantes.

L'ancien opposant invite, dans le même temps, le président Félix Tshisekedi à demeurer au-dessus des clivages politiques en garantissant la neutralité de l'État durant toutes les étapes du dialogue. “Cette nécessaire neutralité de l'État, qu'incarne au-dessus de la mêlée le chef de l'État, implique aussi que les conditions d'organisation du dialogue soient de nature à inspirer la confiance de tous”, souligne-t-il.

Le président du CNSA recommande également au chef de l'État de réunir toutes les conditions favorables au succès de cette initiative. Il défend un dialogue ouvert à l'ensemble des sensibilités politiques, des organisations de la société civile et des forces vives de la nation, estimant qu'aucune solution durable ne pourra émerger d'un processus marqué par l'exclusion.

Dans son message, Joseph Olenghankoy appelle aussi les Congolais à faire preuve de retenue dans leurs prises de position. Il les invite à privilégier un langage de tolérance, de respect et d'apaisement, tout en rejetant les discours de haine ou de division susceptibles de compromettre les discussions.

Il interpelle, à cet effet, le Conseil supérieur de l'audiovisuel et de la communication (CSAC), qu'il exhorte à assurer une régulation efficace des débats dans les médias et sur les réseaux sociaux afin de prévenir les discours extrémistes et de préserver un climat propice au dialogue.

Contre les procès en patriotisme

Joseph Olenghankoy met par ailleurs en garde contre les surenchères politiques, les démonstrations de patriotisme, les exclusions et les ultimatums qui, selon lui, alimentent les tensions nationales. Il estime qu'il serait illusoire de présenter la classe politique congolaise comme une confrontation entre “les bons” et “les mauvais”.

À ses yeux, les responsabilités dans les différentes crises qu'a traversées la République démocratique du Congo sont partagées. Il rappelle que des personnalités issues de plusieurs mouvements armés apparus depuis 1996 se retrouvent aujourd'hui dans la majorité présidentielle, l'opposition, la société civile ou encore les groupes rebelles encore actifs. Il cite notamment l'AFDL, le RCD/Goma, le MLC, le CNDP, le M23, l'AFC/M23, les Maï-Maï, Twirwaneho, le Mobondo et les Wazalendo.

Selon le président du CNSA, certains acteurs ayant pris part à ces mouvements ont été accusés de graves exactions sans avoir été poursuivis. Dans ce contexte, affirme-t-il, aucun camp ne peut prétendre incarner à lui seul le patriotisme ou la vertu.

Joseph Olenghankoy salue le report sine die de la marche de la Coalition Article 64, initialement prévue le 22 juillet 2026. Il considère cette décision comme un geste d'apaisement qui offre une réelle opportunité à l'initiative présidentielle.

Pour lui, le dialogue et la recherche du consensus constituent le socle de toute démocratie. À défaut d'un échange permanent entre majorité et opposition, prévient-il, les décisions du pouvoir risquent d'être perçues comme l'expression d'une “dictature de la majorité”, au risque d'aggraver les tensions politiques.