Dans une région confrontée à des besoins urgents notamment l’accès à l’eau potable, l’électricité, les routes praticables, les soins de santé, une partie de l’opinion estime que les investissements publics devraient d’abord cibler ces secteurs. Pour ces voix, toute initiative dont les retombées ne sont ni immédiates ni visibles peut apparaître décalée par rapport aux attentes pressantes des populations.

Cependant, cette approche soulève une interrogation de fond sur la vision à long terme. La création d’universités s’inscrit dans une logique structurante. Au-delà des infrastructures physiques, ces établissements constituent des pôles de formation, de recherche et d’innovation. Ils contribuent à former des compétences locales, à freiner l’exode des étudiants vers d’autres provinces et à stimuler l’économie à travers des activités connexes.

Ce débat met en évidence une tension classique dans les politiques publiques c'est-à-dire répondre à l’urgence tout en préparant l’avenir. Il souligne également les limites d’une critique qui, en se focalisant sur le court terme, risque de minimiser l’importance d’investissements stratégiques.

Pour de nombreux observateurs, l’enjeu ne réside pas dans un choix exclusif entre besoins immédiats et projets d’avenir, mais dans la capacité à concilier les deux. Dans un contexte marqué par des retards multiples, le développement du Kasaï exige à la fois des réponses rapides aux attentes sociales et des initiatives durables capables de structurer son avenir.