Les États-Unis avaient évoqué un possible retrait des forces rwandaises de République démocratique du Congo d’ici la fin du mois, dans le cadre des négociations en cours. Kigali a immédiatement recadré : pas de départ sans démantèlement des FDLR au préalable.

Le 5 juin 2026, après l’audition du secrétaire d’État américain Marco Rubio devant le Congrès, le gouvernement rwandais a publié un communiqué. Il y rappelle que les accords discutés ne peuvent s’appliquer « de manière sélective ». Pour Kigali, Kinshasa doit aussi tenir ses engagements, en particulier sur les FDLR, présentées comme une menace directe pour la sécurité rwandaise.

Washington pousse pourtant pour un retrait rapide des troupes rwandaises du sol congolais. Mais le Rwanda maintient sa ligne : le désengagement militaire reste conditionné au règlement de la question des FDLR.

Ce qui surprend plusieurs observateurs congolais, c’est l’alignement de la Belgique et de la France sur cette position. Le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, a déclaré que « le retrait des forces rwandaises et la neutralisation des FDLR doivent aller de pair ». Des propos similaires reviennent dans les récentes déclarations diplomatiques françaises.

À Kinshasa, cette posture suscite une vive incompréhension. Une partie de l’opinion et des autorités congolaises dénonce une contradiction entre le discours occidental sur le droit international et son application au dossier congolais. La résolution 2773 du Conseil de sécurité de l’ONU exige un retrait immédiat et inconditionnel des forces rwandaises de RDC.

Pour de nombreux analystes congolais, conditionner ce retrait à la neutralisation des FDLR revient à légitimer de fait la présence militaire rwandaise. Ils dénoncent un « deux poids, deux mesures » comparé à d’autres conflits, notamment en Ukraine, où l’occupation russe est condamnée sans condition liée à d’autres groupes armés.

Le débat s’intensifie alors que l’Est du Congo reste sous tension. Les FARDC accusent régulièrement le Rwanda et l’AFC-M23 de violer les cessez-le-feu et de poursuivre leurs opérations, malgré les processus diplomatiques en cours.