Dès l’ouverture de l’enregistrement, le leader de l'AFDC-A explique qu’il n’a pas pu joindre l’évêque par téléphone et souhaitait lui faire part de sa stupéfaction. Selon lui, Basengezi l’aurait présenté comme un soutien du M23 et aurait accusé sa responsabilité dans la garde des biens de la rébellion. “Je me suis senti trahi, comme envoyé à la mort par un frère”, confie-t-il, rappelant la gravité d’une telle accusation dans un pays en proie au conflit, où la complicité avec une rébellion est passible, selon la loi, de sanctions extrêmes, jusqu’à la peine capitale.

L'ex-speaker de la Chambre haute du Parlement affirme avoir porté ces accusations à l’attention des services de sécurité et assure détenir des preuves solides pour étayer sa défense. Il se présente comme une victime directe du conflit dans l’Est, évoquant la perte de proches dans plusieurs localités du Sud-Kivu, telles que Kalehe et Kavunu, ainsi que des préjudices matériels considérables à Goma et Bukavu, où maisons, véhicules et hôtels auraient été pillés ou occupés sans compensation.

Cette affaire survient peu après une période politique tendue au Sénat. Le 16 mars 2026, 71 sénateurs avaient signé une pétition visant à destituer Modeste Bahati pour incompétence, un nombre suffisant pour déclencher la procédure. Parmi les signataires figurait Norbert Basengezi Kantitima, que Bahati accuse désormais d’avoir relayé les accusations le visant. La pétition reprochait notamment à l’élu des manquements au contrôle parlementaire, un manque d’initiative et une atteinte à la crédibilité de la chambre. Le leader de l'AFDC-A avait finalement choisi de démissionner avant l’examen du texte.