Au cours de cet échange consacré à la question constitutionnelle, Olivier Kamitatu a soutenu n’avoir jamais personnellement défendu un changement de la Constitution sous le régime de Joseph Kabila. Selon lui, les propos qu’il avait tenus à l’époque relevaient davantage d’une restitution de la vision de l’ancien chef de l’État à la suite d’un entretien qu’il avait eu avec ce dernier.

Cette explication a toutefois été mise à l’épreuve par une ancienne interview accordée à Jeune Afrique. Dans cet entretien, interrogé sur les blocages institutionnels du pays, Olivier Kamitatu estimait que ceux-ci étaient notamment liés à la Constitution en vigueur. Il plaidait alors pour un renforcement des prérogatives présidentielles, affirmant que le modèle congolais, inspiré de la Ve République française, ne correspondait pas pleinement aux réalités du pays.

“Le chef de l’État doit avoir plus de pouvoir. Au lieu d’un binôme président-Premier ministre, nous avons besoin d’un leadership fort, avec une autorité bien établie”, déclarait-il notamment.

À une autre question portant sur l’éventuelle suppression du poste de Premier ministre, le proche de l'opposant Moïse Katumbi répondait également qu’ “un régime présidentiel peut effectivement se passer d’un Premier ministre”.

Pour plusieurs observateurs, ces déclarations dépassaient le simple cadre d’une transmission de la pensée de l'ancien président congolais, Joseph Kabila. Elles traduisaient une adhésion explicite à l’idée d’un régime présidentiel renforcé et d’une concentration accrue des pouvoirs entre les mains du chef de l’État.

À l’époque de ces déclarations, Olivier Kamitatu occupait les fonctions de ministre du Plan après avoir présidé l’Assemblée nationale. Il figurait également parmi les personnalités influentes de la majorité au pouvoir.

Durant le Space, Éric Wemba a affiché son scepticisme face aux explications avancées par l’ancien président de l’Assemblée nationale, estimant que celles-ci étaient difficilement conciliables avec les positions exprimées publiquement par le passé.

Cette séquence relance ainsi le débat sur la cohérence des prises de position de plusieurs responsables politiques congolais. Elle met en lumière les évolutions, parfois contradictoires, observées chez certains acteurs qui, aujourd’hui opposés à toute réforme constitutionnelle, avaient auparavant défendu des changements substantiels de l’architecture institutionnelle lorsqu’ils étaient proches du pouvoir.