Dans un entretien accordé à Al Jazeera, Fatou Bensouda explique qu’elle pensait participer à une discussion sur les conflits en République démocratique du Congo. À son arrivée, elle dit avoir découvert la présence inattendue de Yossi Cohen, ancien directeur du Mossad israélien. Selon elle, l’objectif était de faire pression sur la CPI pour qu’elle abandonne ses enquêtes sur la Palestine.

« Je me suis retrouvée face au chef du Mossad sans avoir été prévenue », rapporte l’ancienne magistrate. Elle décrit une opération d’intimidation, dans un climat de fortes tensions diplomatiques autour des dossiers instruits par la CPI.

Ces révélations font écho à une enquête publiée en 2024 par _The Guardian_. Le quotidien britannique affirmait que les services israéliens avaient mené pendant plusieurs années une campagne secrète contre Fatou Bensouda. L’article évoquait déjà le rôle de Joseph Kabila dans l’organisation de cette rencontre à New York.

D’après ces informations, Yossi Cohen aurait tenté de convaincre la procureure de renoncer aux poursuites visant des responsables israéliens pour des faits présumés commis dans les territoires palestiniens. Fatou Bensouda ajoute que des pressions auraient aussi visé sa famille et son entourage professionnel.

Ces accusations relancent les interrogations sur les réseaux d’influence internationaux impliquant certains dirigeants africains, et sur les liens discrets entre responsables politiques du continent et services de renseignement étrangers.

À ce jour, Joseph Kabila n’a pas réagi publiquement aux propos de Fatou Bensouda, relayés par plusieurs médias internationaux. Aucune décision judiciaire n’a établi sa culpabilité. Les éléments disponibles reposent sur le témoignage de l’ex-procureure et sur des enquêtes journalistiques.