Lors d’un échange organisé le 20 octobre par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala sur X, le numéro un de l’ARSP a indiqué que 167 grandes entreprises avaient déclaré 3,7 milliards de dollars de contrats de sous-traitance en 2025. Sur ce montant, 3,1 milliards, soit environ 83 %, auraient été attribués à des sociétés à capitaux majoritairement congolais. Le secteur minier représente 2,9 milliards de dollars de ces contrats, selon les chiffres rapportés par DeskEco (2026).

Ces données appellent toutefois une réserve majeure. « Quand je dis des sociétés majoritairement congolaises, c’est sur papier », a précisé Ted Beleshayi. Le gendarme de la sous-traitance en RDC dénonce le recours aux prête-noms : des Congolais apparaissent dans les structures des entreprises, tandis que les intérêts étrangers conservent le contrôle réel. Beleshayi qualifie cette pratique de très répandue, sans chiffrer la part des contrats concernés.

Le DG de l’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé serait donc prématuré de présenter les 3,1 milliards de dollars comme une richesse effectivement captée par l’entrepreneuriat national. Le responsable de l’ARSP s’agit de montants déclarés de contrats, et non d’une mesure des bénéfices conservés en RDC, des emplois créés ou des compétences transférées.

La fiabilité des déclarations constitue précisément l’un des problèmes soulevés par le régulateur. Ted Beleshayi a expliqué que l’ARSP procède à des contrôles à partir des livres comptables des entreprises. Il a également déploré les difficultés d’accès aux informations bancaires nécessaires pour recouper ces données.

Le renforcement du contrôle est engagé sur le plan institutionnel. L’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé indique que ses inspecteurs ont prêté serment le 10 octobre, après une formation destinée à professionnaliser les inspections (ARSP, 2026).

Pour le contenu local, l’enjeu dépasse désormais le nombre d’entreprises enregistrées ou la nationalité inscrite dans leurs statuts. Il faut pouvoir établir qui décide, qui exécute les prestations et qui perçoit les bénéfices. Les résultats de cette vérification permettront de distinguer la participation congolaise déclarée d’une véritable maîtrise économique des marchés.