Son parcours s'est construit au cœur du pouvoir. Proche de Kengo wa Dondo, dont il est également le gendre, il était présenté dès 2014 comme une figure de la nouvelle génération des « kengistes ». C'est à cette période qu'il accède au poste de vice-ministre chargé de la Coopération internationale et de l'Intégration régionale dans le gouvernement Matata II. [7sur7.cd, 2014 ; Le Monde, 2018]

Il occupera ensuite les fonctions de vice-ministre du Plan, puis de ministre du Tourisme. En 2019, il assure même l'intérim à la tête des Affaires étrangères, responsabilité attestée par la liste officielle des anciens titulaires publiée par le ministère. [Actualite.cd, 2017 ; Le Monde, 2018 ; Ministère des Affaires étrangères]

Son rapprochement avec la rébellion n'est pas nouveau. En avril 2026, Franck Mwe di Malila figurait déjà parmi les membres de la délégation AFC/M23 dépêchée à Genève pour les négociations avec Kinshasa. Son adhésion au FRN apparaît ainsi comme le prolongement d'un positionnement antérieur.[Seven][2026]

Ce choix contraste avec les principes qu'il défendait publiquement en juillet 2025. Dans un entretien accordé à Géopolis Magazine, il plaidait pour le dialogue, la primauté de l'intérêt général et la défense de la souveraineté nationale. Il y dénonçait aussi un mécanisme récurrent : des responsables créent une rébellion, négocient, puis obtiennent des fonctions au sommet de l'État.[Kalengayi][2025]

Aujourd'hui, son ralliement pose une question de cohérence politique. Comment concilier ces déclarations avec l'adhésion à un mouvement qui annonce vouloir combattre le pouvoir de Kinshasa par tous les moyens, y compris la force? Une orientation qui figure explicitement dans la déclaration constitutive du FRN du 12 octobre 2026. [Actualite.cd, 2026]

Avoir occupé de hautes fonctions n'interdit évidemment ni la critique ni l'opposition. Mais ces responsabilités rendent légitime l'exigence de clarté lorsqu'un ancien ministre rejoint un mouvement politico-militaire. Franck Mwe di Malila est désormais attendu sur un exercice simple : expliquer en quoi cette décision répond aux principes de souveraineté, de dialogue et d'intérêt général qu'il revendiquait lui-même.