En relayant un article d'Actualite.cd, l'ex-diplomate a établi un lien entre cette affaire, la pauvreté des Congolais et la corruption en RDC. Il a toutefois omis de préciser que les fonds concernés n'avaient pas été versés au gouvernement congolais, mais aux organisations internationales et ONG chargées de mettre en œuvre la riposte.

Interpellé par un internaute sur cette omission, Tibor Nagy a reconnu ne pas avoir explicitement mis en cause Kinshasa, tout en soutenant que ce dossier restait illustratif d'une corruption généralisée au Congo.

Une version contredite par Jean Kaseya, directeur général d'Africa CDC, qui a indiqué que les comptes devaient être demandés aux partenaires de mise en œuvre eux-mêmes. Une démarche que réclame d'ailleurs le gouvernement congolais aux organisations bénéficiaires.

Comment un ancien haut responsable de la diplomatie américaine peut-il utiliser un problème de traçabilité imputable à des gestionnaires internationaux pour illustrer la corruption congolaise, plutôt que d'interpeller les vrais détenteurs de ces fonds ?

Connu pour ses positions controversées sur les relations Kinshasa-Kigali, Tibor Nagy s'expose à des accusations de désinformation. En omettant une information essentielle, son commentaire est susceptible d'induire en erreur une partie de son audience, notamment américaine.

Au-delà du cas d'espèce, cette affaire rappelle un principe : la lutte contre la corruption exige non seulement de la transparence, mais aussi de la rigueur dans l'attribution des responsabilités.