Présenté par la ministre de l'Enseignement supérieur et universitaire, de la Recherche scientifique et de l'Innovation, Marie-Thérèse Sombo, ce programme est conçu comme un cadre national de planification destiné à reconstruire progressivement des capacités nucléaires civiles modernes, sûres et exclusivement pacifiques.

Le programme 2026-2035 doit permettre au gouvernement de mieux structurer son action dans ce domaine. Il prévoit notamment de définir les priorités nationales, de réaliser les études nécessaires et d'encadrer les éventuels investissements.

Ces investissements devront être soumis aux autorisations techniques, réglementaires et budgétaires requises. Le programme ne constitue donc pas, à ce stade, une annonce de construction d'une centrale nucléaire. Il s'agit avant tout d'un cadre de planification et de préparation.

Un accent particulier sur la radioactivité naturelle

L'un des axes annoncés concerne le renforcement des capacités nationales d'analyse, de traçabilité et de contrôle des matières radioactives, notamment dans les chaînes minières susceptibles de contenir des matières radioactives naturelles (NORM).

Cette orientation vise à améliorer le suivi et le contrôle de ces matières, dans un pays où le secteur minier occupe une place centrale dans l'économie nationale.

Renforcer la coopération avec l'AIEA

Le programme s'inscrit par ailleurs dans le prolongement de la coopération entre la RDC et l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Il doit permettre d'articuler, au niveau du gouvernement, les priorités engagées dans le cadre de cette coopération.

Selon le gouvernement congolais, l'objectif est de développer progressivement les capacités civiles du pays tout en renforçant les exigences liées à la sûreté, à la réglementation et au contrôle.

Du cadre à l'action

Avec ce programme décennal, la RDC se dote d'une feuille de route pour mieux organiser son secteur nucléaire. Mais son adoption constitue surtout un point de départ. Les études, les moyens financiers, les compétences techniques, les autorisations et les mécanismes de contrôle devront encore permettre de transformer cette planification en réalisations concrètes.

De 2026 à 2035, l'enjeu pour la RDC sera donc de passer du cadre à l'action : développer les usages pacifiques du nucléaire, tout en garantissant que chaque étape soit encadrée par la science, la réglementation et la sécurité.