Être libre d’informer ne signifie pas nécessairement être totalement indépendant. Aux États-Unis comme en République démocratique du Congo, les médias évoluent dans un environnement marqué par la présence de propriétaires, de sources de financement, d’annonceurs et, parfois, d’intérêts économiques ou politiques. Cette réalité ne signifie pas que les journalistes mentent, mais elle invite à s’interroger sur la manière dont l’information est sélectionnée, hiérarchisée, traitée ou, dans certains cas, laissée de côté.

En RDC, cette problématique revêt une dimension particulière. Lorsqu’un média appartient à un acteur politique ou économique, peut-il enquêter avec la même liberté sur son propriétaire, ses partenaires ou ses intérêts ? Lorsqu’une rédaction s’en prend systématiquement à un camp tout en épargnant l’autre, où s’arrête l’information et où commence la bataille d’influence ?

Pour autant, le pouvoir politique ne saurait se voir reconnaître le droit de décider quels médias peuvent ou non accéder aux institutions. Une telle pratique présenterait un risque sérieux pour le pluralisme. Il suffirait qu’une enquête dérangeante soit qualifiée de « fake news » pour tenter d’écarter un média ou un journaliste jugé indocile.

La liberté de la presse demeure ainsi indissociable de la responsabilité journalistique. Elle suppose notamment davantage de transparence sur la propriété et le financement des médias, une vérification rigoureuse des faits et une séparation claire entre information, analyse et opinion.

Au fond, le débat ne devrait donc pas seulement porter sur la manière de protéger les médias contre les pressions du pouvoir. Il devrait également interroger les mécanismes permettant de protéger les citoyens lorsque le média lui-même devient un instrument d’influence.