Il ne s'agit toutefois pas d'une pénurie généralisée. Mardi, une station sur dix environ signalait la rupture d'au moins un carburant. D'après les autorités, près de 90 % du réseau restait approvisionné normalement.

Dans les stations encore fournies, les tarifs continuent de grimper. Le SP95-E10 s'est affiché mardi à 2,15 euros le litre en moyenne, un record historique en France. Le gazole a atteint 2,34 euros le litre, proche lui aussi de son plus haut niveau.

Cette flambée s'explique par les tensions qui secouent le marché pétrolier, sur fond d'instabilité au Moyen-Orient. Les perturbations du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz et les difficultés d'approvisionnement en produits raffinés maintiennent les cours sous pression. La France est particulièrement exposée, en raison de sa forte dépendance aux importations de gazole.

La hausse commence à peser sur la consommation. Depuis janvier, la consommation de carburants routiers a reculé de 5 % sur un an. En août seulement, les livraisons ont chuté de 6,6 %, avec un décrochage plus marqué pour le gazole, à -9,2 %.

La grogne monte chez les professionnels. À Fos-sur-Mer, dans les Bouches-du-Rhône, des pêcheurs ont bloqué mardi l'accès à un dépôt pétrolier stratégique pour protester contre l'envolée des prix.

Si les autorités écartent à ce stade le scénario d'une pénurie nationale, la combinaison de prix records et de tensions locales d'approvisionnement fait du carburant un sujet de préoccupation majeur pour les automobilistes comme pour les professionnels.