À l’origine de ces propositions, la Table ronde nationale Médias-Justice-Sécurité, organisée le 12 octobre à Kinshasa à l’initiative de l’organisation Journaliste en danger (JED), a réuni plusieurs acteurs institutionnels et professionnels autour des difficultés liées à la protection des journalistes et à l’application des textes qui régissent leur métier.

Parmi les mesures préconisées figure le renforcement du mécanisme de protection porté par JED. Celui-ci doit permettre de recueillir et de vérifier les alertes relatives aux menaces, de documenter les incidents et de faciliter l’assistance aux journalistes concernés. La désignation de points focaux permanents au sein des institutions concernées devrait, en outre, améliorer la transmission des informations et accélérer les interventions.

Toutefois, la mise en place d’un tel dispositif suppose une collaboration effective entre les structures impliquées. Les participants ont ainsi insisté sur la nécessité de distinguer les fautes relevant de l’éthique et de la déontologie journalistiques des faits susceptibles de constituer des infractions pénales. Une clarification importante dans l’application de l’ordonnance-loi n° 23/009 du 13 mars 2023, qui encadre l’exercice de la liberté de la presse en RDC.

L’Union nationale de la presse du Congo (UNPC) poursuit cependant la deuxième phase de délivrance de la carte d’identité professionnelle des journalistes, avec un projet de numérisation et de dématérialisation. Cette réforme vise à limiter l’usurpation du statut de journaliste, à améliorer la traçabilité des demandes et à fiabiliser le fichier national des professionnels des médias.

Le ministère de la Communication et médias a sollicité un appui technique et financier du gouvernement pour accompagner cette évolution. Cet appui devra néanmoins respecter les prérogatives de l’UNPC, à laquelle la législation confie la gestion de la carte professionnelle par l’intermédiaire de l’instance d’autorégulation compétente.

Le Conseil des ministres a pris acte de la note d’information présentée par Patrick Muyaya. La prochaine étape consistera à traduire les recommandations en mesures opérationnelles, avec des responsabilités clairement définies et des moyens adaptés. Car, au-delà des dispositifs annoncés, leur portée se mesurera à la capacité des institutions à traiter les alertes, à protéger les journalistes menacés et à garantir une application cohérente de la loi.