Comparer les investissements dans le secteur agricole à ceux consacrés à la construction d’infrastructures universitaires relève d’une confusion conceptuelle préoccupante. Les politiques publiques sectorielles répondent à des logiques distinctes. L’éducation et l’agriculture, bien que complémentaires, obéissent à des priorités différenciées dans le cadre de la planification du développement national en République démocratique du Congo. Une gouvernance efficace exige une hiérarchisation stratégique des investissements, fondée sur les besoins spécifiques de chaque province.

Au cœur de cette réflexion se trouve une réalité souvent négligée : le développement territorial durable repose d’abord sur le capital humain. Or, l’exode massif des compétences vers des centres urbains comme Kinshasa, Lubumbashi ou Kisangani — voire vers l’étranger — fragilise profondément les dynamiques locales. Cette fuite des talents prive les provinces de ressources humaines qualifiées et limite l’efficacité des politiques publiques.

Dans ces conditions, toute stratégie de développement crédible doit reposer sur une jeunesse formée localement, capable de répondre aux réalités socio-économiques de son environnement. Cela suppose une politique cohérente articulant formation, insertion professionnelle et rétention des compétences au niveau provincial.

Il serait toutefois excessif d’ignorer les efforts engagés par l’État congolais. Malgré la persistance de la précarité dans certaines régions, notamment dans le Grand Kasaï, des initiatives structurantes voient le jour. Le projet routier de Kalamba-Mbuji, par exemple, pourrait générer un effet multiplicateur significatif sur l’économie locale, en facilitant les échanges de biens essentiels.

Cependant, l’expérience de projets antérieurs, tels que Bukanlonzo ou Kwandi, rappelle une faiblesse structurelle : le déficit de suivi, d’évaluation et de pérennisation des investissements publics. Ces échecs soulignent l’urgence d’adopter une approche intégrée du développement, fondée sur la consolidation préalable d’une main-d’œuvre locale qualifiée et dynamique.

Dès lors, avant toute injection massive de capitaux dans les infrastructures ou les projets économiques, il est impératif de renforcer les capacités humaines locales — notamment par la construction et la valorisation des universités en provinces. C’est une condition sine qua non pour garantir la rentabilité, la durabilité et l’appropriation des politiques de développement.

Enfin, la trajectoire politique de Jean-Marc Kabund interroge. Entre rapprochements successifs avec Joseph Kabila, Martin Fayulu, Moïse Katumbi ou encore certaines sphères proches de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo, son positionnement apparaît fluctuant. À ce rythme, il peine à incarner une alternative crédible ou un leadership stable au sein de l’opposition congolaise