En Ouganda, la situation demeure stable. Le pays totalise 20 cas confirmés et deux décès, sans qu'aucune nouvelle contamination n'ait été enregistrée depuis une semaine. Les autorités devront toutefois observer une période supplémentaire de 30 jours sans nouveau cas avant de pouvoir déclarer officiellement la fin de l'épidémie sur leur territoire.

Début juillet, la responsable des programmes d'urgence de Médecins Sans Frontières (MSF), Trish Newport, avait averti que l'épidémie devenait de plus en plus difficile à contenir en raison de l'augmentation rapide des infections et de l'extension géographique des foyers de contamination.

Sur le terrain, les opérations de riposte se poursuivent avec le renforcement de la surveillance épidémiologique, la prise en charge des malades, la recherche active des cas et les campagnes de sensibilisation. Les partenaires internationaux continuent également de soutenir les autorités congolaises afin de limiter la propagation du virus.

-Une souche sans vaccin ni traitement homologué-

Cette dix-septième épidémie est provoquée par la souche Bundibugyo, une variante rare du virus Ebola pour laquelle aucun vaccin ni traitement homologué n'est encore disponible.
Face à cette situation, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a lancé début juillet un essai clinique portant sur deux traitements expérimentaux.

L'agence onusienne a également autorisé l'utilisation d'urgence du premier test de diagnostic moléculaire spécifique à cette souche et annoncé le démarrage du premier essai de sécurité du vaccin ChAdOx1, développé sous la direction de l'Université d'Oxford.

L'Ituri demeure l'épicentre de l'épidémie. Cette province du nord-est de la RDC concentre 89,1 % des cas et 83,9 % des décès enregistrés. Le virus s'est également propagé dans quatre autres provinces, notamment le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, où l'insécurité liée aux groupes armés complique considérablement les interventions sanitaires.

Les statistiques montrent que les adultes âgés de 18 à 50 ans sont les plus touchés. Les enfants paient également un lourd tribut : 476 ont été infectés, dont 189 sont décédés. Au-delà des pertes humaines, des milliers d'enfants vivent désormais avec les conséquences psychologiques de la maladie, après avoir perdu un proche ou été contraints de quitter leur foyer.

-Kinshasa et Kampala renforcent leur coopération-

Face à l'évolution de l'épidémie, la République démocratique du Congo et l'Ouganda ont décidé d'intensifier leur collaboration sanitaire. En mission officielle à Kampala, le ministre congolais de la Santé publique, Roger Kamba, a été reçu le 23 juillet par le président ougandais. Les échanges ont porté sur l'évaluation des dispositifs de riposte, le partage d'expériences acquises sur le terrain et le renforcement de la coordination transfrontalière.

Les deux pays ont réaffirmé leur volonté d'améliorer la surveillance épidémiologique, d'accélérer les échanges d'informations sanitaires et de coordonner leurs actions afin de limiter la propagation du virus dans les zones frontalières, particulièrement exposées aux mouvements de populations.