La RDC dispose désormais d'un levier supplémentaire. Plus de 16 000 doses ont été réceptionnées à Kinshasa vendredi, sur un total de 70 000 doses allouées au pays par l'Organisation mondiale de la Santé et ses partenaires. Il s'agit de la première tranche de ce stock.

Le contexte reste toutefois particulier. L'Ervebo est un vaccin homologué contre le virus Ebola Zaïre. Or, l'épidémie en cours en RDC est due au virus Bundibugyo, pour lequel il n'existe à ce jour ni vaccin homologué ni traitement spécifique.

La vaccination ne peut donc pas être présentée, à ce stade, comme une solution avérée. L'OMS et ses partenaires prévoient d'utiliser une partie des doses dans le cadre d'un essai clinique afin d'évaluer son efficacité potentielle contre le Bundibugyo. Des données précliniques laissent entrevoir une possible protection, mais celle-ci reste à confirmer chez l'homme.

En attendant, le cœur de la riposte repose sur la prise en charge des malades et la rupture des chaînes de transmission. Surveillance épidémiologique, recherche et suivi des contacts, isolement des cas suspects et soins précoces demeurent les piliers indispensables pour contenir l'épidémie.

La réponse se heurte également à d'importants obstacles de terrain. Dans plusieurs foyers touchés, l'insécurité, les mouvements de population et l'enclavement de certaines zones compliquent le suivi des contacts et le déploiement des équipes.

Pour les acteurs de la riposte, l'Ervebo ouvre une piste nouvelle, dont l'efficacité contre le Bundibugyo reste toutefois à démontrer. Les résultats de l'essai clinique à venir seront donc décisifs.

D'ici là, l'urgence reste de freiner les nouvelles contaminations, d'améliorer la détection des cas et de garantir l'accès aux soins. Le vaccin constitue un espoir supplémentaire, mais ne remplace pas le renforcement de l'ensemble du dispositif.