Mardi 16 juin, lors de la commémoration du soulèvement de Soweto en 1976, il a dénoncé la récupération des frustrations sociales par des acteurs aux motivations qu’il a qualifiées de « malveillantes ».
« Nous ne laisserons pas les inquiétudes légitimes de notre peuple être détournées ni instrumentalisées », a-t-il averti, en mettant en garde contre toute tentative de déstabilisation.

Son intervention fait suite à plusieurs violences ciblant des étrangers, surtout africains. Certains groupes les accusent de voler des emplois locaux et de nourrir l’insécurité. Ces agressions ont même contraint des communautés étrangères à fuir certaines régions.

Ramaphosa a rappelé que le chômage, surtout chez les jeunes, reste le vrai défi de l’Afrique du Sud. Il touche près de 42 % des jeunes et environ 32 % de la population active.

« Beaucoup de désinformation cherche à salir l’image de l’Afrique du Sud », a-t-il ajouté. Pour lui, le pays n’est pas fondamentalement hostile aux étrangers : « Les Sud-Africains ne sont pas xénophobes », a-t-il martelé.

D’après les chiffres officiels, plus de 3 millions d’étrangers vivent en Afrique du Sud, soit 5,1 % de la population. Ce nombre relance régulièrement le débat sur l’immigration dans un pays déjà marqué par les inégalités, le chômage et les tensions sociales.

Pour plusieurs analystes, le président a voulu recentrer le débat sur les causes profondes de la crise : pauvreté, manque d’opportunités et failles structurelles du marché du travail.