À l’opposition, plusieurs figures dénoncent un « pilotage automatique ». Pour elles, cette longue absence crée un vide institutionnel. Elles demandent à la Cour constitutionnelle de se prononcer sur une possible vacance du pouvoir afin de lever toute ambiguïté et d’écarter le risque d’une dérive.

Le volet juridique alimente aussi le débat. Des voix contestent la validité des actes et décrets signés depuis l’étranger. Elles soulignent des fragilités de procédure et de compétence, et réclament des garanties formelles pour assurer la continuité de l’État.

L’absence d’apparitions publiques depuis le départ de Yaoundé entretient par ailleurs un climat d’incertitude. Dans la population, l’attente fait monter les rumeurs, d’autant que les informations contradictoires circulent et accentuent l’inquiétude.

Le gouvernement et la Présidence rejettent ces spéculations. Par la voix de proches collaborateurs, dont le directeur du cabinet civil Samuel Mvondo Ayolo, ils démentent toute hospitalisation et assurent que Paul Biya se porte bien. Selon eux, la continuité institutionnelle est préservée : le chef de l’État travaillerait à distance et continuerait de signer des décrets, tandis que les rumeurs seraient sans fondement et alarmistes.