Aucun décret, aucun texte officiel et aucune communication des autorités gabonaises ne vient étayer cette affirmation.

En réalité, la procédure est strictement encadrée par la Constitution. Le texte prévoit que les membres du gouvernement prêtent serment devant le président de la République, en présence de la Cour constitutionnelle. Ils s'engagent notamment à respecter la Constitution et l'État de droit, et à exercer leurs fonctions en toute conscience. Aucune référence à un rite traditionnel n'y figure.

La cérémonie organisée en janvier 2026, lors de la mise en place du gouvernement, s'est d'ailleurs tenue dans le respect de ce cadre institutionnel. Les comptes rendus officiels de l'événement ne mentionnent à aucun moment le recours à un rite traditionnel.

Car le Njobi relève du champ coutumier, et non juridique. Cette société initiatique, présente au Gabon et dans certaines régions du Congo, est fondée sur la transmission de règles de vie, de valeurs communautaires et de principes de solidarité. Dans certaines communautés, elle intervient aussi comme instance de régulation sociale et de résolution des conflits.

Sa forte portée morale fait qu'elle est régulièrement citée dans le débat public lorsqu'il est question d'intégrité, de respect de la parole donnée ou de lutte contre la corruption. Pour autant, cette reconnaissance culturelle ne lui confère aucun statut légal au sein des institutions de la République.

La rumeur procède donc d'une confusion entre une pratique traditionnelle bien connue et la volonté de moralisation de la vie publique affichée par les autorités. En l'état, rien ne permet d'affirmer que les ministres gabonais prêtent serment sur le Njobi.