Au cœur de son argumentaire, Kamitatu défend l’idée que la Constitution de 2006 constitue un socle intouchable de stabilité institutionnelle. Pour lui, toute initiative visant à la modifier dans le contexte actuel ne relèverait pas d’une nécessité juridique ou politique, mais d’une logique de repositionnement du pouvoir. Il met ainsi en garde contre des réformes qui pourraient affaiblir les garde-fous démocratiques et ouvrir la voie à des dérives difficilement contrôlables.

Cette prise de position s’inscrit dans une stratégie plus large de l’opposition : déplacer le débat du terrain politique classique vers celui de la légitimité institutionnelle. En parlant de « braquage », Kamitatu cherche à installer l’idée d’une action illégitime, presque forcée, contre un texte censé protéger l’équilibre des pouvoirs. Le vocabulaire utilisé vise clairement à alerter l’opinion publique et à internationaliser la lecture de la situation congolaise.

Au-delà de la formule, cette sortie révèle aussi une transformation du débat public en RDC. La Constitution n’est plus seulement un cadre juridique discuté entre experts ou responsables politiques. Elle devient un enjeu central de confrontation, où chaque acteur tente d’imposer sa lecture et d’influencer la perception collective. Le débat gagne en intensité, mais aussi en exposition, ce qui oblige désormais les différents camps à structurer davantage leurs arguments.

Dans ce contexte, la question n’est plus uniquement de savoir s’il faut ou non réviser la Constitution, mais plutôt de comprendre qui contrôle le récit autour de cette éventuelle réforme. En prenant la parole de manière aussi directe, Kamitatu se positionne comme un défenseur de l’ordre constitutionnel face à ce qu’il présente comme une tentative de contournement. Reste à voir si ce positionnement trouvera un écho durable auprès de l’opinion et des autres acteurs politiques, dans un débat qui ne fait que commencer.