Le processus entre dans une nouvelle étape. Samedi 24 octobre, devant les députés et sénateurs de l'Union sacrée réunis à la Cité de l'Union africaine, le chef de l'État a annoncé la désignation prochaine des responsables chargés d'encadrer les travaux à l'échelle nationale et provinciale.

Le dispositif annoncé prévoit une coordination nationale, des coordinations provinciales ainsi que des superviseurs dans chaque province. À cela s'ajouteront deux cofacilitateurs désignés par l'Union africaine, une femme et un homme, appelés à accompagner les travaux. Ces désignations sont attendues cette semaine, alors que plusieurs modalités pratiques restent à préciser.

Tshisekedi veut dissiper les soupçons

Au-delà de cette organisation, Félix Tshisekedi a également tenu à clarifier les objectifs de son initiative. Face aux interrogations d'une partie de l'opinion, qui redoute que le dialogue serve de cadre à une modification constitutionnelle destinée à prolonger son pouvoir, le président a rejeté cette interprétation. Il présente plutôt le processus comme un moyen de rétablir le fonctionnement normal de l'État et de rechercher une paix durable.

Dans cette perspective, il a demandé aux élus de sa majorité de relayer son message auprès de leurs électeurs. Une démarche qui vise à expliquer la position du pouvoir et à mobiliser l'Union sacrée autour du processus, alors que le débat sur l'avenir de la Constitution continue d'alimenter la vie politique congolaise.

La grande inconnue : qui participera ?

Cependant, au-delà des intentions affichées, une question demeure : quelles forces politiques et sociales prendront part aux travaux, et dans quelles conditions ? Dans un climat marqué par les divisions politiques et la persistance du conflit dans l'Est du pays, la représentativité des participants pèsera lourd sur la crédibilité du dialogue.

Par ailleurs, les relations tendues entre le pouvoir et plusieurs acteurs associés à la mouvance politico-militaire AFC/M23 compliquent les perspectives de concertation. À ce stade, les modalités définitives de participation des différents acteurs ne sont pas encore établies.

Des annonces à la concrétisation

Ainsi, l'annonce des prochaines désignations constitue une avancée sur le plan organisationnel, sans préjuger de l'issue du processus. Une fois les équipes installées, le calendrier, la composition des participants et les objectifs des travaux devraient permettre d'en préciser davantage les contours.

Pour Félix Tshisekedi, l'enjeu est désormais de faire passer le dialogue des annonces à sa préparation concrète. Sa capacité à réunir des interlocuteurs aux positions divergentes sera déterminante pour donner à cette initiative une portée qui dépasse les rangs de sa majorité.