Le changement de ton est net par rapport à ses interventions précédentes. Face aux journalistes, il a reconnu s’être fié à des informations inexactes sur l’état de l’armée, notamment lorsqu’il promettait en 2023, durant la campagne, une riposte immédiate à toute agression extérieure. « Je présente mes excuses au peuple congolais », a-t-il déclaré, affirmant que des réalités lui avaient été cachées au cœur même de l’appareil sécuritaire.

Cette confession, inhabituelle à ce niveau, survient alors que les critiques sur la gestion de la guerre dans l’Est s’intensifient. Le chef de l’État décrit une armée fragilisée à sa prise de fonction : manque de moyens logistiques, encadrement défaillant, et infiltrations héritées des anciens accords de paix. Pour lui, ces failles internes ont durablement entamé la capacité opérationnelle des FARDC.

Félix Tshisekedi a insisté sur l’urgence d’assainir l’institution militaire. Sans entrer dans les détails, il a évoqué des sanctions et des interpellations visant des responsables accusés de dysfonctionnements ou de complicités ayant affaibli l’armée. Un moyen de justifier les récentes mesures prises dans le secteur de la défense.

Il a aussi mis en avant les efforts engagés ces derniers mois pour renforcer les FARDC : nouveaux recrutements, achats de matériel et coopération avec des partenaires étrangers. Selon lui, ces actions portent déjà leurs fruits, avec une armée plus résistante face aux groupes armés qui sévissent dans l’Est.

Ce recadrage intervient dans un climat régional tendu, Kinshasa accusant toujours Kigali de soutenir des mouvements rebelles. Le président tente ainsi de reprendre le contrôle du discours sécuritaire : assumer les failles passées tout en soulignant les progrès actuels.

Reste à savoir si cet exercice d’autocritique suffira à convaincre une population lassée par des années d’instabilité. Entre aveu des erreurs et promesse de redressement, le pouvoir joue sa crédibilité sur sa capacité à transformer ces paroles en résultats concrets sur le terrain.