Pour la ministre, l’inclusion ne peut se limiter à la reconnaissance de droits dans les textes. Elle doit se traduire par des possibilités concrètes d’accéder à l’emploi, aux services publics, à l’information, à la formation et aux mécanismes de financement.

Cette politique s’appuie notamment sur la loi organique portant protection et promotion des droits des personnes vivant avec handicap et des autres catégories vulnérables. Avec plus de 250 articles, ce texte constitue le principal cadre juridique de la politique nationale en matière d’inclusion. Sa mise en œuvre reste toutefois conditionnée à l’adoption progressive des mesures réglementaires et à une meilleure vulgarisation de ses dispositions sur l’ensemble du territoire.

L’accessibilité au cœur des priorités

L’accessibilité constitue l’un des principaux chantiers évoqués par la ministre. Elle ne concerne pas uniquement les infrastructures, mais englobe également l’accès à l’information, à la communication et aux services publics.

Parmi les mesures avancées figure notamment le recours accru à l’interprétation en langue des signes dans les médias et les espaces publics, afin de faciliter l’accès à l’information pour les personnes sourdes.

Le contrôle du respect des normes d’accessibilité devrait également être renforcé. Le ministère entend travailler avec plusieurs institutions, notamment celles en charge de la Justice et des Finances, pour veiller au respect des exigences prévues par la législation. Des mesures coercitives pourraient être appliquées aux infrastructures ne répondant pas aux normes, pouvant aller jusqu’au scellement de certains chantiers.

Emploi et entrepreneuriat comme leviers d’autonomie

Sur le front de l’emploi, Irène Esambo a mis en avant les avancées enregistrées dans l’application du quota légal réservé aux personnes vivant avec handicap dans la fonction publique. Dans le Haut-Katanga, certaines opérations de recrutement auraient atteint 10 %, soit le double du quota légal fixé à 5 %. Des personnes vivant avec handicap ont également intégré certains processus liés au recensement national.

Pour la ministre, cette participation à la vie professionnelle doit contribuer à rompre avec une approche fondée exclusivement sur l’assistance. L’objectif affiché est de promouvoir l’égalité des chances et de permettre aux personnes vivant avec handicap de participer pleinement au développement économique et social du pays.

Le handipreneuriat constitue également un axe important de cette stratégie. Le ministère annonce la création d’une institution publique dédiée à l’apprentissage des métiers, à l’entrepreneuriat et à l’innovation. Une campagne nationale consacrée à l’élaboration de plans d’affaires simplifiés devrait, par ailleurs, faciliter l’accompagnement des porteurs de projets et leur accès aux mécanismes de financement et de crédit.

La situation des personnes aveugles et malvoyantes formées à la massothérapie illustre les obstacles qui persistent. En l’absence de débouchés suffisants, certaines sont contraintes d’exercer dans la rue pour subvenir à leurs besoins. Parmi les solutions envisagées figurent la création de centres de massage, l’intégration de ces professionnels dans des structures sanitaires ou encore le développement d’activités indépendantes.

Une mobilisation au-delà du ministère

Irène Esambo mise également sur une collaboration avec les ministères de l’Entrepreneuriat, de l’Emploi et du Portefeuille, ainsi qu’avec le secteur privé. L’ambition est d’élargir les opportunités d’insertion aux entreprises publiques et privées et de faire de l’emploi, de la formation, de l’entrepreneuriat et du financement des instruments d’autonomisation.

La ministre a enfin évoqué l’ambition de faire de la RDC une référence africaine en matière d’inclusion des personnes vivant avec handicap, notamment à la faveur des échanges engagés lors d’une rencontre internationale organisée à Abidjan.

Entre renforcement du cadre légal, accessibilité, insertion professionnelle et développement du handipreneuriat, le gouvernement entend ainsi passer progressivement d’une logique d’assistance à une politique davantage axée sur les droits, l’autonomie et la participation des personnes vivant avec handicap à la vie nationale.