Les déclarations du ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, ne peuvent être balayées d’un revers de la main. Selon lui, l’Ukraine soutiendrait le M23 à travers des mercenaires, des instructeurs militaires et des pilotes de drones. Une accusation grave, qui intervient au moment où les rebelles ont repris plusieurs positions dans l’est de la RDC après avoir perdu du terrain. Plusieurs sources ont d’ailleurs relevé l’utilisation croissante de drones dans ces offensives.
RDC : face à l’agression rwandaise, Moscou accuse pendant que Paris se mure dans le silence.

Une question mérite d’être posée. Pourquoi une telle accusation ne viendrait-elle que de la Russie? La France, les États-Unis ou les autres pays occidentaux, qui disposent pourtant d’importants moyens de renseignement dans la région, n’auraient-ils aucune information sur cette question? Ou choisissent-ils simplement de ne pas communiquer?
Depuis plusieurs semaines, des rumeurs évoquent également la présence de mercenaires français aux côtés du M23. À ce jour, ces affirmations n’ont pas été confirmées par des preuves publiques. Mais elles trouvent un écho dans les déclarations de Sergueï Lavrov, reprises également par le représentant de la Russie auprès des Nations unies. Ce croisement d’informations alimente inévitablement le débat.
Pendant ce temps, l’ultimatum fixé par les États-Unis exigeant le retrait des forces rwandaises du territoire congolais est arrivé à expiration. Pourtant, selon le dernier rapport du Groupe d’experts des Nations unies, environ 18 000 soldats rwandais continueraient d’opérer en RDC en appui au M23. La réalité sur le terrain, elle, ne semble pas avoir changé.
La véritable question est ailleurs. Pourquoi la France et, plus largement, l’Union européenne restent-elles aussi discrètes face à ce que les Nations unies décrivent comme une présence militaire rwandaise sur le territoire congolais? En Ukraine, Paris et Bruxelles condamnent avec fermeté toute violation de l’intégrité territoriale, livrent des armes, réclament des sanctions et mobilisent la communauté internationale. Pourquoi cette fermeté disparaît-elle lorsqu’il s’agit de la République démocratique du Congo?
Plus troublant encore, l’Union européenne continue de financer certaines missions des forces rwandaises, notamment au Mozambique, où elles assurent la sécurisation d’une zone stratégique pour les investissements de TotalEnergies. Cette réalité nourrit le sentiment que les principes du droit international ne seraient pas appliqués avec la même rigueur selon les intérêts géopolitiques en jeu.
Le peuple congolais est donc en droit de poser des questions. Si l’intégrité territoriale est un principe universel, elle doit être défendue partout avec la même détermination. Si, en revanche, ce principe ne s’applique qu’à certains pays et pas à d’autres, alors il ne s’agit plus de droit international, mais d’un système de géométrie variable.
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