Selon les auteurs, la montée en puissance du M23 depuis 2021 est étroitement liée au soutien militaire, logistique et financier apporté par Kigali. L’étude fait également état de la présence de forces rwandaises sur le territoire congolais et avance une estimation comprise entre 14 000 et 18 000 soldats rwandais déployés en RDC en juillet 2026, aux côtés du M23.

Cet appui aurait notamment renforcé les capacités militaires du mouvement, grâce à l’utilisation de systèmes de défense aérienne, de drones et de lance-roquettes, contribuant ainsi à ses avancées et à la conquête de nouveaux territoires dans l’est du pays.

Le coltan et les circuits miniers dans le viseur

L’étude s’intéresse également à la dimension économique du conflit, notamment au contrôle des ressources minières. Elle cite le cas de Rubaya, importante zone de production de coltan sous contrôle du M23, et présente le Rwanda comme un pays de transit et de commercialisation de minerais provenant de la RDC.

Les auteurs relèvent notamment que les volumes d’or exportés par le Rwanda ont, à plusieurs reprises, dépassé les niveaux que sa production nationale permettrait raisonnablement de justifier. L’analyse évoque ainsi l’existence de circuits permettant à des minerais extraits clandestinement en RDC d’être intégrés aux réseaux commerciaux régionaux.

L’Ouganda et le Burundi sont également cités comme des voies de transit potentielles pour ces ressources. Une fois mélangés aux circuits commerciaux des pays voisins, les minerais congolais peuvent rejoindre les chaînes d’approvisionnement internationales, avec une origine devenue plus difficile à retracer.

Une crise aux causes multiples

Les auteurs prennent toutefois soin de ne pas réduire le conflit dans l’est de la RDC à la seule question des minerais. L’étude met également en avant les faiblesses de la gouvernance congolaise, les tensions historiques et communautaires ainsi que les rivalités géopolitiques régionales.

Mais sur la résurgence militaire du M23 et les réseaux économiques qui l’accompagnent, le Rwanda apparaît comme un acteur central de l’analyse.

L’Institut royal supérieur de défense apporte néanmoins une précision importante : les opinions exprimées dans cette publication appartiennent à ses auteurs et ne constituent pas nécessairement la position officielle de la Défense ou du gouvernement belge.