Créé en 2016, le CHESD a formé, en une décennie, 1 692 cadres aux questions de stratégie, de défense et de sécurité. Parmi eux, 1 301 ont participé aux sessions spéciales et 381 aux sessions ordinaires. L’institution a également élargi son rayonnement au-delà de la République démocratique du Congo. Des cadres du Bénin, du Burundi, du Cameroun, de la République centrafricaine, de la République du Congo, du Gabon, de la Guinée, du Mali et de la Belgique ont notamment pris part à ses différentes formations.

Mais face à la transformation des conflits, le CHESD entend désormais adapter davantage son approche. Les guerres hybrides, les nouvelles technologies, l’intelligence artificielle et l'évolution des modes d’action des acteurs armés imposent aux responsables de défense de disposer d’outils d’analyse capables de mieux décrypter les menaces et d’en anticiper les évolutions.

Lors de la célébration du dixième anniversaire de l’institution, le chef d’état-major général des FARDC, le lieutenant-général Jules Banza Mwilambwe, a insisté sur l’importance de comprendre une situation avant de chercher à y apporter une réponse. “De quoi s’agit-il ?”, a-t-il souligné, présentant cette interrogation comme le point de départ de toute démarche stratégique.

Pour le chef d’état-major général, cette capacité à analyser les situations, à en identifier les causes et à en comprendre les dynamiques est devenue déterminante dans un contexte sécuritaire en constante évolution. La formation dispensée au CHESD doit ainsi contribuer à préparer des cadres capables d’anticiper les menaces et de participer à l’élaboration de réponses adaptées.

Cette orientation accompagne également l’évolution institutionnelle du CHESD, désormais érigé en établissement public à caractère technique et scientifique de niveau post-universitaire. Dans cette dynamique, le collège prévoit notamment de renforcer ses activités de recherche et de mettre en place une école doctorale.

L’objectif est de rapprocher davantage la formation de haut niveau de la production scientifique, afin de développer une expertise stratégique susceptible d’alimenter la réflexion sur les questions de défense et de sécurité en RDC, mais aussi dans la région.

La dimension régionale demeure, à cet égard, l’un des acquis du CHESD. La présence de cadres issus de plusieurs pays permet de confronter les expériences et les approches face aux enjeux sécuritaires, donnant à l’institution une vocation qui dépasse le seul cadre national.

La cérémonie marquant les dix ans du CHESD a par ailleurs été l’occasion de proclamer les résultats des différentes formations. Parmi les lauréats figure le ministre délégué près le ministre de la Défense nationale chargé des Anciens combattants, Éliézer Ntambwe Mposhi.

Après une première décennie consacrée principalement à la formation, le CHESD veut donc consolider un modèle articulé autour de trois piliers à savoir la formation des cadres, la recherche et la production d’une expertise stratégique. Une évolution qui traduit une ambition centrale : faire de la pensée stratégique un véritable outil d’anticipation dans un environnement sécuritaire marqué par des menaces de plus en plus complexes.