Selon l’initiateur de la pétition, ces propos ont suscité un malaise au sein de la majorité parlementaire et du groupe politique auquel appartient le professeur Bahati. À ce stade, 37 signatures auraient déjà été recueillies, a confirmé Dany Kabongo, précisant que la pétition devrait être officiellement déposée dès l’ouverture de la session parlementaire de mars.

La controverse s’est intensifiée après la réaction du regroupement politique Alliance des forces démocratiques du Congo et Alliés, formation dont Modeste Bahati Lukwebo est une figure centrale. Dans une déclaration rendue publique le même jour, les sénateurs membres de ce groupe ont pris leurs distances avec la position exprimée par le deuxième vice-président du Sénat.

Ils ont notamment précisé que les propos de Bahati sur la Constitution n’avaient fait l’objet d’aucune discussion ni validation au sein de leur plateforme politique. Les élus de l’AFDC-A ont ainsi estimé que cette prise de position relevait d’une initiative strictement personnelle.

Dans leur déclaration, ils ont également appelé l’ancien président du Sénat à « tirer les conséquences politiques appropriées » de ses propos, tout en réaffirmant leur attachement à la vision politique du chef de l’État, Félix Tshisekedi.

-Un débat constitutionnel qui divise-

Cette polémique intervient dans un contexte politique marqué par un débat croissant autour de l’avenir de la Constitution congolaise, alors que le pays célèbre le 20e anniversaire de la loi fondamentale.

Malgré la situation sécuritaire préoccupante dans l’Est du pays, où les combats opposent notamment la rébellion AFC/M23 aux forces gouvernementales, la question d’une éventuelle révision constitutionnelle continue d’alimenter les discussions au sein de la classe politique.

Dans ses déclarations controversées, Modeste Bahati Lukwebo avait notamment affirmé considérer le président Félix Tshisekedi comme « un républicain », rappelant que son mandat constitutionnel court jusqu’en 2028.

-Vers une bataille politique au Sénat-

La réaction négative d’une partie de ses pairs et la désolidarisation de son propre regroupement politique fragilisent désormais la position institutionnelle du deuxième vice-président du Sénat.

Si la pétition annoncée est effectivement déposée lors de la reprise des travaux parlementaires, elle pourrait ouvrir la voie à un débat politique majeur au sein de la Chambre haute et mettre Modeste Bahati Lukwebo sur une véritable « chaise éjectable » au sommet de l’institution.