Dans une déclaration consultée jeudi 27 août par Cœurd'Afrique, le syndicat appelle également les parents à garder leurs enfants à la maison et tient le gouvernement pour responsable des éventuelles conséquences de cette situation.

À quelques jours de la rentrée, cette prise de position fait peser une menace sur la reprise effective des activités scolaires à travers le pays. Le SYECO affirme néanmoins rester ouvert au dialogue et se dit disposé à participer à toute concertation susceptible d’apporter des réponses concrètes aux revendications des enseignants.

Au cœur de leurs préoccupations figurent notamment la retraite, la couverture sanitaire, la rémunération et les conditions de travail. Le syndicat réclame la mise en place effective d’un mécanisme transparent et équitable de prise en charge de la retraite des enseignants et du personnel de l’éducation à travers la Caisse nationale de sécurité sociale des agents publics (CNSSAP).

Sur le plan sanitaire, les enseignants exigent le maintien d’une couverture médicale efficace et accessible via la MESP. Ils s’opposent par ailleurs à toute adhésion au Fonds solidaire de santé (FSS) qui se ferait au détriment ou en remplacement de la MESP sans concertation préalable.

-Des revendications salariales persistantes-

La question de la rémunération constitue également l’un des principaux points de crispation. Le SYECO exige la mécanisation et la prise en charge salariale des enseignants non payés (NP) ainsi que des nouvelles unités (NU). Il réclame en outre une revalorisation du salaire mensuel des enseignants à hauteur de 500 dollars américains, ou son équivalent en francs congolais, afin de mieux tenir compte du coût de la vie.

Le syndicat demande également une révision du système de paie. Il souhaite notamment garantir aux enseignants un libre accès aux services bancaires, réduire les frais prélevés sur leurs rémunérations et renforcer la transparence des opérations de paiement. La création d’une banque unique dédiée aux enseignants figure aussi parmi les revendications.

Les inspecteurs de l’éducation ne sont pas en reste. Le SYECO plaide pour une amélioration substantielle de leurs conditions de travail et de rémunération, au regard de leur rôle dans l’encadrement et le contrôle du système éducatif.

Au-delà de ces revendications, le syndicat réaffirme son attachement à une école publique de qualité, accessible à tous et reposant sur une meilleure valorisation du personnel enseignant.

Cette menace de non-reprise intervient alors que, lors de la 96ᵉ réunion du Conseil des ministres, tenue le 14 août 2026, le président Félix-Antoine Tshisekedi avait demandé au gouvernement de veiller à une rentrée scolaire « apaisée, effective et inclusive » sur l’ensemble du territoire national.

Le SYECO déplore toutefois l’absence de dialogue avec le ministère de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté. Il affirme que sa demande d’audience introduite le 20 août n’a pas reçu de suite favorable. À moins d’une semaine de la rentrée, la balle est désormais dans le camp du gouvernement pour tenter de désamorcer la crise et garantir la reprise des cours.