Sous le gouvernement Suminwa 2, cette nouvelle étape repose sur plusieurs axes notamment élargir l’accès à l’école, renforcer les capacités d’accueil, améliorer les conditions d’enseignement et d’apprentissage, promouvoir l’excellence et faire de l’école un véritable espace de formation citoyenne.

La gratuité a changé l’accès à l’école

La gratuité de l’enseignement primaire a profondément modifié le paysage éducatif congolais. Depuis son entrée en vigueur, plus de cinq millions d’enfants supplémentaires ont intégré le primaire public, selon les données du ministère de l’Éducation nationale. La réforme a également contribué à réduire la charge financière supportée par les familles.

Cette progression s’accompagne d’une hausse régulière des effectifs scolaires, estimée à près de 10 % par an. Pour la rentrée 2026, environ 30 millions d’élèves sont attendus dans les établissements scolaires du pays. Un chiffre qui illustre l’ampleur de la demande, mais qui pose également le défi des capacités d’accueil et de la qualité des infrastructures.

Sur le plan économique, la gratuité représente aussi un allègement significatif pour les ménages. Sa mise en œuvre aurait permis un transfert de pouvoir d’achat évalué à plus d’un milliard de dollars par an. Avant la réforme, les familles assumaient environ 73 % des dépenses consacrées à l’éducation, selon la Banque mondiale.

La qualité au cœur de la nouvelle étape

L’élargissement de l’accès à l’école impose désormais au gouvernement de relever un autre défi : garantir des apprentissages de qualité. Plusieurs actions ont ainsi été engagées autour de la rémunération des enseignants, du financement des établissements et de l’amélioration de la gouvernance du secteur.

En juin 2026, un financement additionnel de 200 millions de dollars a été approuvé pour étendre l’appui à seize provinces. Le gouvernement poursuit également le recrutement d’enseignants sur la base du mérite, avec une attention particulière portée aux zones rurales et à la représentation des femmes dans le corps enseignant.

Depuis 2025, près de 5 000 nouveaux enseignants ont été recrutés. Dans le même temps, quelque 1 300 enseignants âgés ont été admis à la retraite avec leurs indemnités de sortie. Une politique destinée à renouveler progressivement le personnel et à accompagner l’augmentation des effectifs scolaires.

L’excellence récompensée

La réforme entend également remettre le mérite au centre du parcours scolaire. C’est dans cette logique que la bourse « Excellentia », portée initialement par la Fondation Lona, anciennement Fondation Denise Nyakeru Tshisekedi, a été transformée en programme national financé par l’État.

Le dispositif s’adresse aux lauréats de l’Examen d’État ayant obtenu au moins 80 % de moyenne. La première cohorte compte 44 boursiers, récemment reçus par la Première ministre Judith Suminwa avant leur départ pour la France pour y poursuivre leur formation.

Le gouvernement entend poursuivre cette dynamique. Le ministère de l’Enseignement supérieur et universitaire, de la Recherche scientifique et des Innovations a ainsi annoncé l’ouverture des candidatures pour l’édition 2026.

Des infrastructures pour réduire les inégalités

L’amélioration de l’offre éducative passe aussi par les infrastructures. Au total, 1 384 écoles ont été construites, réhabilitées et équipées au cours de la période considérée, notamment dans le cadre du Programme de développement local des 145 territoires (PDL-145T).

L’objectif est de réduire les disparités entre les territoires, particulièrement dans les zones rurales et enclavées où l’éloignement des établissements constitue encore un obstacle à la scolarisation.

Cette politique est complétée par le Projet d’amélioration de la qualité de l’enseignement primaire ainsi que par le Projet d’apprentissage et d’autonomisation des filles. Ces programmes intègrent également des normes d’accessibilité destinées aux élèves en situation de handicap, renforçant ainsi la dimension inclusive de la politique éducative.

Maintenir l’école ouverte face aux crises

L’épidémie d’Ebola constitue un autre test pour le système éducatif. Pour éviter une interruption généralisée des apprentissages dans les zones touchées, le gouvernement a mis en place un dispositif adapté au niveau de risque.

Dans les zones vertes, les cours se poursuivent normalement. Dans les zones orange, un dispositif pédagogique adapté est appliqué. Les zones rouges, considérées comme présentant un risque élevé, bénéficient quant à elles d’un système d’enseignement à distance allégé.

Conçu pour fonctionner même sans connexion Internet ni équipements numériques sophistiqués, ce mécanisme vise à maintenir la continuité pédagogique et à préserver le lien entre les élèves et leurs établissements en période de crise sanitaire.

L’EXETAT entre dans l’ère numérique

La modernisation touche également l’Examen d’État. Pour la session 2026, plus d’un million de candidats ont participé aux épreuves du cycle long. La principale évolution concerne toutefois le traitement et la publication des résultats.

Quatre nouveaux centres provinciaux de scannage ont été installés à Butembo, Kisangani, Tshikapa et Gemena. Ils complètent les centres de Mbuji-Mayi et de Lubumbashi, ainsi que le centre national de Kinshasa. Le dispositif compte désormais six centres provinciaux de scannage, permettant de décentraliser davantage le traitement des copies et des données.

Cette organisation a contribué à réduire les délais. Les résultats de l’EXETAT 2026 ont été publiés en 13 jours sur l’ensemble du territoire, tandis que l’E-diplôme est désormais délivré aux lauréats afin de renforcer la sécurité et l’authenticité des documents scolaires.

Sur les 1 082 764 candidats ayant effectivement participé aux épreuves, 855 347 ont réussi, soit un taux national de réussite de 79 %. Les filles affichent un taux de réussite de 80,05 %, contre 78,15 % pour les garçons.

Le gouvernement assure par ailleurs la prise en charge des frais de participation aux examens pour les finalistes vivant dans les territoires sous occupation rwandaise, au nom de l’égalité d’accès aux évaluations nationales.

Former aussi des citoyens

Au-delà des résultats scolaires, l’exécutif veut faire de l’école un lieu de formation à la citoyenneté. Des clubs de veille citoyenne sont progressivement implantés dans les établissements primaires et secondaires afin de familiariser les élèves avec les notions de civisme, de paix, de responsabilité sociale, de protection de l’environnement, de citoyenneté numérique et d’engagement communautaire.

Le « serment du citoyen » complète ce dispositif en rapprochant les valeurs républicaines du quotidien des apprenants.

À cela s’ajoutent les programmes de bourses en faveur des filles et le programme national d’alimentation scolaire, conçus notamment pour réduire les obstacles économiques à la fréquentation et au maintien des enfants à l’école.

À l’approche de la rentrée 2026, la politique éducative du gouvernement Suminwa entre ainsi dans une nouvelle phase. Après le défi de l’accès et de la gratuité, l’enjeu est désormais de consolider la qualité, moderniser les outils, renforcer l’inclusion, récompenser l’excellence et former une nouvelle génération de citoyens. Une ambition qui veut faire de l’école non plus seulement un service accessible au plus grand nombre, mais un véritable levier de transformation de la société congolaise.