Ces données, communiquées récemment au Sénat, illustrent l’ampleur du secteur. Or, l’obtention d’une personnalité juridique reste obligatoire pour exercer légalement le culte. À ce jour, le nombre d’églises reconnues correspond à celui de leurs représentants légaux enregistrés.

Au-delà des chiffres, cette situation interroge la capacité réelle de contrôle de l’État. Le ministre d’État a lui-même reconnu qu’il est impossible de dénombrer précisément les pasteurs actifs dans le pays. La multiplication des paroisses et leur dispersion géographique rendent tout recensement exhaustif difficile.

Dans les grandes villes, notamment à Kinshasa, cette prolifération est flagrante. La norme qui impose une distance de 500 mètres à un kilomètre entre deux lieux de culte n’est presque jamais respectée. Sur une même avenue d’un kilomètre, on trouve souvent plusieurs églises aux programmes similaires qui se disputent les fidèles.

Si cette effervescence témoigne du dynamisme religieux des Congolais, elle révèle aussi les limites du dispositif administratif. Entre respect de la liberté de culte, nécessité d’un cadre légal et enjeux socio-économiques, l’État doit encadrer un secteur en pleine expansion sans porter atteinte aux droits fondamentaux.

La régulation devient ainsi un enjeu majeur de gouvernance, à la croisée des défis juridiques, urbains et sociaux.