L’opposant rwandais Paul Rusesabagina accuse le président Paul Kagame de poursuivre une politique d’exploitation des ressources minières de la République démocratique du Congo, avec la complaisance de la Communauté internationale, qui continue de commercer avec le Rwanda malgré les soupçons persistants sur l’origine d’une partie de ses exportations minières.
Paul Rusesabagina dénonce la complicité de la Communauté internationale dans le pillage des minerais congolais

La mission de Kagame au Congo, ce sont des minerais. Le monde entier le voit. Le Rwanda exporte des minerais. Est-ce que le Rwanda produit réellement tous les minerais qu’il exporte ? », s’interroge-t-il.
L’opposant rwandais insiste sur la distinction entre les ressources minières des deux pays, avant de mettre en cause les circuits commerciaux qui profiteraient, selon lui, de l’exploitation des richesses congolaises. « Il y a une différence entre les minerais congolais et les minerais rwandais. Mais ce que le Rwanda vend à cette Communauté internationale, ce sont des minerais que le Rwanda vole du Congo », affirme-t-il.
À travers ces déclarations, Paul Rusesabagina interpelle directement les partenaires économiques du Rwanda. Il estime que les puissances étrangères ne peuvent ignorer les accusations de pillage des ressources congolaises, alors même qu'elles poursuivent leurs échanges commerciaux avec Kigali.
Ces dénonciations font écho aux conclusions de plusieurs rapports du Groupe d’experts des Nations unies, qui ont documenté des mécanismes de contrebande de minerais congolais vers le Rwanda, notamment depuis le site minier de Rubaya, dans le Nord-Kivu. Le coltan figure parmi les ressources concernées, avant leur intégration dans les circuits d’approvisionnement internationaux.
Au-delà de la dimension militaire du conflit dans l’est de la RDC, cette sortie remet ainsi en lumière les enjeux économiques qui entourent la crise sécuritaire et la responsabilité des acteurs internationaux dans la traçabilité des minerais commercialisés sur les marchés mondiaux.
Elle intervient dans un contexte de durcissement de la position américaine à l’égard de Kigali. Le 28 octobre 2026, Washington a annoncé des sanctions contre le ministère rwandais de la Défense et Zigama Credit and Savings Society, accusés de contribuer au soutien du mouvement rebelle M23.
En dénonçant le rôle des partenaires commerciaux du Rwanda, Paul Rusesabagina relance ainsi le débat sur les contradictions de la Communauté internationale : comment condamner les violences dans l’est de la RDC tout en maintenant des relations économiques susceptibles de bénéficier aux circuits d’exploitation illégale des ressources congolaises ?
AMC
Journaliste
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