Devant les États membres, le chef de l'État a pointé une anomalie persistante : l'Afrique représente plus d'un quart des membres de l'Organisation, mais ne dispose d'aucun siège permanent au Conseil. Une exclusion qu'il relie directement à l'histoire de l'ordre international.

Selon lui, l'architecture du Conseil est restée figée en 1945, à une époque où la majorité des États africains n'avaient pas encore accédé à l'indépendance et ne prenaient donc pas part à la définition des institutions chargées de maintenir la paix et la sécurité dans le monde.

« Le monde s'est depuis transformé. Le Conseil de sécurité, lui, ne l'a pas fait », a martelé William Ruto, appelant à adapter les institutions internationales aux profondes mutations géopolitiques intervenues depuis leur création.

Le président kényan a également souligné une contradiction majeure : l'Afrique est au cœur de la plupart des dossiers examinés par le Conseil, qu'il s'agisse de conflits, de maintien de la paix ou de stabilité, alors même que le continent est absent de l'organe décisionnel.

Cette prise de position s'inscrit dans le débat plus large sur la réforme du Conseil de sécurité, dont les cinq membres permanents restent les États-Unis, la Russie, la Chine, la France et le Royaume-Uni. L'élargissement à de nouveaux membres, notamment africains, figure depuis des années parmi les principales exigences portées par le continent.

Pour William Ruto, la réforme du Conseil n'est plus une simple question institutionnelle, mais un enjeu de crédibilité pour un système multilatéral qui se doit de refléter le monde contemporain.